Le FMI vient de boucler une mission au Sénégal (du 15 au 19 juin 2026), avec un communiqué aussi imprécis que les dégagements de Kalidou Coulibaly qui ont permis à la Norvège de battre le Sénégal 3-2.
Le FMI dit “l’économie sénégalaise a fait preuve de résilience, même si elle est confrontée à une situation économique difficile dans un contexte mondial éprouvant (…) les perspectives de court terme sont soumises à des risques élevés”.
Justement, dans le contexte du mondial de football, on peut juste remplacer l’économie sénégalaise par l’équipe du Sénégal et ce serait toujours correct.
Ailleurs dans le communiqué, le FMI parle aussi de vulnérabilités élevées liées à la dette. La défense du Sénégal est aussi soumise à des vulnérabilités élevées exposant l’équipe à chocs exogènes comme des tirs de Haaland ou Mbappe, ce type de joueurs qui ont toujours le doigt (pardon l’orteil !) sur la détente.
En analyse de viabilite de la dette, la solvabilité renvoie à la capacité intrinsèque de payer, c’est-à-dire le “potentiel” (ratio dette/PIB) alors que la liquidité est relative à la mobilisation effective (réelle) de ressources permettant de rembourser (service de la dette rapporté aux ressources budgétaires et aux exportations).
Le coach du Sénégal a certainement insisté sur la solvabilité plutôt que sur la liquidité.
Les joueurs qualifiés de “cadres” (Coulibaly, Sadio, Ghana, etc) ont certainement cette valeur intrinsèque permettant de faire la différence mais il fallait des joueurs plus vifs et jeunes pouvant répondre “cash” aux initiatives d’adversaires comme la Norvège ou la France (c’est la liquidité qui a manqué).
La restructuration de la dette consiste à négocier des conditions de remboursement plus douces, en contrepartie de certaines mesures d’ajustement budgétaire. Avant le match contre l’Irak, le staff technique du Sénégal doit engager les négociations avec les “cadres” pour restructurer l’équipe sans casser la dynamique de groupe.
A défaut de restructurer la dette, il faut restructurer l’équipe nationale avec un autre FMI, le Front de Maîtrise de l’Irak (FMI).
Pr Abou KANE
FASEG/UCAD

