26 ans, le prix de la patience, 26 ans, le temps d’une génération.

26 ans, le prix de la patience, 26 ans, le temps d’une génération.

Pendant 26 ans, Abdoulae Wade a attendu. Scellé aux consignes de ses guides, il a refusé la voie courte. On lui intimait de “marcher sur le Palais”. Il a répondu : “Pas sur des cadavres”.

C’est là toute la leçon. Dans un pays où l’accès au pouvoir justifie souvent tous les raccourcis, Wade a choisi la longue route. La route de la vertu.

26 ans, c’est long pour un homme. C’est court pour une nation. Il l’avait compris. Chaque échec électoral était une étape, pas une tombe. “Mon heure n’est pas venue”, répétait-il.

Cette patience n’était pas de la faiblesse. C’était de la foi. Foi en son destin, foi en son peuple. Une foi apprise à la source de Serigne Fallou et Serigne Cheikh.

Aujourd’hui que tout va vite, que tout s’achète, que tout s’arrache, le contre-modèle Wade dérange. Généreux jusqu’à l’imprudence, il est parti du pouvoir sans fortune. Inflexible sur l’éthique, il a laissé un pays debout.

Son legs n’est pas que des autoroutes. C’est cette idée simple : une démocratie se bâtit dans la durée, pas dans la précipitation.

26 ans pour comprendre qu’un État ne se prend pas. Il se mérite.

En ces temps flous, le Sénégal a besoin de cette boussole.

Mamadou Kassé

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