Dans un contexte de tensions xénophobes persistantes en Afrique du Sud, Julius Malema livre un discours incisif où il déconstruit les discours nationalistes, interpelle sur la question de la propriété et de l’héritage historique, et appelle à un retour aux valeurs d’Ubuntu face à la montée des divisions entre Africains
“Un étranger est quelqu’un qui arrive dans un pays sans papier ni autre chose à présenter. Et vous en faites partie. Parce que vous ne possédez rien. Vous vous baladez partout en disant que c’est votre pays. Montrez-moi les documents qui prouvent que vous êtes les propriétaires de ce pays. Vous êtes vous-mêmes des étrangers dans ce pays parce que vous ne possédez rien… Vous habitez dans des chambres d’hôtels que vous louez, mais vous ne possédez pas ces hôtels, vous êtes des locataires et on peut vous demander de quitter vos logements à tout moment. Vous demandez aux gens de quitter votre pays alors que vous vivez dans les mêmes conditions que ces étrangers. Une fois que vous aurez chassé les Zimbabwéens, vous retournerez dans vos appartements, vos maisons que vous louez et desquels les Blancs peuvent vous chasser à tout moment. Vous n’avez rien et vous clamez que c’est votre pays. Vous ne faites que défendre les propriétés des Blancs parce que l’Afrique du Sud est contrôlée par les Blancs. L’Afrique du Sud appartient toujours aux Blancs.
Ne venez pas me dire après ça que c’est votre pays.
Vous ne possédez rien, arrêtez de haïr vos futurs employeurs. Parce que ces gens sont en train, eux, de réussir. Ce sont des gens éduqués et instruits qui n’hésitent pas à accepter des emplois et des petits boulots payés une misère. Parce qu’ils savent qu’ils doivent travailler pour nourrir leur famille. Et c’est pourquoi ils sont ici. Et tout comme à Cuba, où Obama était sur le point de lever l’embargo, demain il pourrait bien se produire la même chose ici. Et je prie pour être vivant le jour où cela se produira, parce qu’alors je vous repasserai la vidéo du meeting que je fais aujourd’hui et je vous dirai : je vous avais prévenus que vous étiez en train de harceler et d’exploiter ceux qui ont participé à construire ce pays et ont gagné le droit de le partager avec vous.
Quand Mugabe a fait sa réforme agraire, cela vous a profité.
Vous êtes allés au Zimbabwe où vous avez trouvé refuge, logement et nourriture. Les Zimbabwéens ne nous ont jamais rejetés. Aujourd’hui, c’est à notre tour de rendre la pareille.
Mais votre comportement n’a rien à voir avec l’état d’esprit de l’Ubuntu.
Camarades, les Blancs veulent plus que jamais continuer à nous contrôler et ils y parviennent en nous apprenant à nous haïr les uns les autres.
Parce que même si un Nigérian venait ici et créait 100 000 emplois, vous continueriez à haïr et à harceler ce Nigérian. Parce que, pour vous, quand c’est un Noir qui crée du travail pour vous, ce n’est pas du vrai travail. Ce que vous, vous voulez, c’est travailler pour les Blancs. Cette culture de la haine de soi est profondément ancrée en vous. Vous manquez de confiance envers l’homme noir parce que vous manquez de confiance en vous-mêmes.”
Julius Malema
Discours du 30 avril 2026.

