Cette contribution est conçue pour servir de manifeste, de note conceptuelle ou d’article de fond, mettant en valeur la force de notre plaidoyer pour la justice mémorielle.
L’Effacement Identitaire : Le Crime Immatériel de l’Esclavage
Plaidoyer pour une Justice Ontologique et la Création du CNMGA
« Les Noirs ont certes recouvré leur liberté, mais ils ont définitivement perdu leur identité. C’est un marqueur indélébile dans les crimes contre l’humanité. »
La Perte d’Identité constitue un Crime dans le Crime
L’esclavage transatlantique n’a pas seulement déporté 12,5 millions d’êtres humains ; il a orchestré une entreprise systématique de déconstruction de l’homme. Il convient dès lors de distinguer la libération physique de la libération ontologique.
Briser les chaînes rend sa liberté au corps, mais arracher le nom, la langue et la cosmogonie brise l’âme d’un peuple. Ce crime immatériel a institutionnalisé trois niveaux d’effacement :
L’effacement patronymique : L’imposition d’un nom d’emprunt (le nom du maître) efface la lignée, les ancêtres et le totem. C’est une négation de l’existence précoloniale de l’individu.
L’effacement linguistique : L’interdiction des langues maternelles (wolof, yoruba, kikongo, etc.) a détruit les structures de transmission et les visions du monde propres à ces civilisations.
L’effacement spirituel : La diabolisation des croyances endogènes au profit d’une dogmatique religieuse instrumentalisée pour justifier l’asservissement.
Aujourd’hui, les 200 millions d’Afro-descendants à travers le monde se retrouvent « orphelins de l’Histoire ». La quête profonde qui les pousse vers les tests ADN ou les changements de patronymes (à l’image de Malcolm X ou de Muhammad Ali) n’est pas un folklore, mais une exigence fondamentale de justice.
2. Un Nouvel Agenda International pour l’ONU
Bien que l’ONU ait reconnu l’esclavage comme crime contre l’humanité lors de la conférence de Durban en 2001, la dimension identitaire demeure marginalisée.
Proposition concrète : Instituer une Journée internationale de la Restitution Identitaire chaque 25 mars (actuelle Journée du souvenir des victimes de l’esclavage) sous le thème : « Le nom comme droit humain ».
Cette dynamique doit s’articuler autour de trois axes multinationaux :
Archives : Financement global pour la numérisation des registres de plantations.
Éducation : Intégration de l’effacement identitaire comme arme de domination dans les manuels scolaires internationaux.
Réparation symbolique : Sanctuarisation du droit pour tout Afro-descendant de reprendre un patronyme africain à l’état civil, sans frais ni contraintes administratives.
3. Le Rôle du Sénégal : Passer du Symbole à la Preuve
Porte de Gorée, Saint-Louis, Rufisque : le Sénégal est le carrefour naturel de cette mémoire. Si d’autres nations ont initié des démarches mémorielles (comme le Year of Return au Ghana), le Sénégal peut aller plus loin en passant de l’émotion au droit, du symbole à la preuve documentée.
L’ambition est de substituer aux probabilités des tests ADN marchands la certitude des archives : identifier le navire, la date d’embarquement, le nom d’origine et le maître.
Projet : Le Centre National de la Mémoire et de la Généalogie Africaine (CNMGA)
Le CNMGA aura pour mission d’offrir une ancrage institutionnel et scientifique à cette quête de reconnexion. [ CNMGA : LES TROIS MISSIONS CLÉS ]
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- NUMÉRISER 2. RECHERCHER 3. TRANSMETTRE
(Registres & (Généalogistes (Plateforme &
Partenariats) & Certificats) Pédagogie)
Les Axes Opérationnels
Collecte et Numérisation : Centralisation et numérisation des registres coloniaux, paroissiaux et maritimes (1670-1848).
Accords de croisement de données avec des plateformes internationales (Ancestry, FamilySearch, National Archives UK/US) et les autorités religieuses et traditionnelles locales.
Recherche et Restitutions : Déploiement d’une équipe de 15 experts (généalogistes, historiens, linguistes). Ce service, gratuit pour la diaspora sur base de dossiers, aboutira à la délivrance officielle d’un « Certificat de Racines » reconnu par l’État.
Transmission et Pédagogie : Création d’une base de données publique trilingue (wolof/français/anglais) et implémentation du programme scolaire « Retrouve ton arbre » dans les lycées sénégalais pour achever la décolonisation des esprits.
4. Viabilité, Budget et Impact
Ce projet structurant démontre qu’une réparation mémorielle d’envergure est possible sans attendre d’hypothétiques compensations financières internationales.
Budget Prévisionnel (sur 5 ans)
Montant total : 1,2 milliard FCFA
Numérisation et infrastructures techniques : 800 millions FCFA
Ressources humaines (experts) et bâtiment : 400 millions FCFA
Modèle de financement : 50% État du Sénégal, 30% Union Africaine, 20% UNESCO et fondations de la diaspora.
Les Retombées pour le Sénégal s’evaluent à court, moyen et long termes. La pertinence et l’opportunité d’un tel projet pourraient s’apprécie à l’aune du repositionnement du Sénégal et de l’île de Gorée comme pivot de l’identité africaine à travers le monde.
OPTION JURIDIQUE ET ORIENTATION STRATEGIQUE DU CNMGA
Le choix de la structure juridique est le verrou qui garantira la pérennité et l’intégrité de la base de données. Pour un projet d’une telle sensibilité nationale et internationale, la structure doit offrir trois garanties : l’autorité de l’État, l’indépendance scientifique et la souplesse financière.
Analyse des options pour le CNMGA :
1. L’Option recommandée : Le Groupement d’Intérêt Public (GIP)
C’est le modèle le plus équilibré pour un projet transversal.
Pourquoi ? Il permet d’associer l’État (Ministères de la Culture, de l’Éducation, des Affaires Étrangères), les institutions académiques (UCAD/CESTI) et des partenaires privés ou des fondations internationales.
Avantages :
Autonomie de gestion : Recrutement d’experts hors grille de la fonction publique (indispensable pour les généalogistes et informaticiens de haut niveau).
Transparence : Idéal pour rassurer les bailleurs de fonds internationaux et les donateurs du crowdfunding.
Ancrage public : Les archives restent la propriété inaliénable de l’État sénégalais.
2. L’Alternative : La Fondation d’Utilité Publique
Pourquoi ? Elle met l’accent sur la dimension philanthropique et facilite le mécénat international.
Avantages : Image de marque très forte auprès de la diaspora et des grandes fortunes afro-descendantes. Moins de lourdeurs administratives qu’une agence étatique classique.
Synthèse du Montage Juridique
Pour sécuriser le projet, je suggère une combinaison hybride :
Le CNMGA (GIP) : L’organe opérationnel qui gère les archives, la base de données et la délivrance des certificats.
Le Fonds de Dotation « Mémoire-Preuve » : Une structure satellite de droit privé chargée de collecter les dons, gérer le crowdfunding et financer les bourses de recherche pour les étudiants en généalogie.
Prochaines étapes de votre feuille de route :
Finalisation du dossier de présentation (en intégrant tous les éléments que nous avons structurés : Pitch, Budget, Technique, Parrainage).
Dépôt de la Note Conceptuelle auprès des autorités de tutelle pour arbitrage sur la forme juridique.
Lancement du premier cercle de parrainage pour crédibiliser la demande de financement.
Synthèse finale du projet, structurée comme Feuille de Route Opérationnelle.
Ce document récapitule l’ensemble des piliers que nous avons bâtis pour faire du CNMGA une réalité.
PLAN DE SYNTHÈSE : PROJET CNMGA
Sénégal : Sanctuaire de la Mémoire et de la Généalogie Africaine
I. LA VISION STRATÉGIQUE
Le projet opère un basculement de la “mémoire-émotion” vers la “mémoire-preuve”.
Mission : Restaurer l’état civil moral de la diaspora africaine en utilisant les archives historiques (1670-1848) pour délivrer des Certificats de Racines fondés sur la science archivistique.
Positionnement : Faire de Dakar le « Ellis Island de l’Afrique », un hub de réconciliation et de souveraineté identitaire.
II. LES PILIERS OPÉRATIONNELS
1. Le Dispositif Technique
Laboratoire de Numérisation : Équipé de scanners planétaires haute résolution (600 DPI) pour préserver les registres fragiles.
Base de Données Intelligente : Algorithmes de transcription phonétique pour corriger les déformations coloniales des patronymes africains.
Souveraineté des Données : Stockage sécurisé au Sénégal avec redondance internationale (Cloud sécurisé).
2. Le Modèle Économique (Mixte)
Budget estimé : 1,2 milliard FCFA.
Sources de revenus :
Subventions institutionnelles (80%).
Campagne de Crowdfunding mondial « Adoptez un Registre » (20%).
Services premium (Certificats de Racines, abonnements chercheurs, mécénat de lignée).
3. La Structure Juridique
Le Groupement d’Intérêt Public (GIP) : Pour associer l’État, les universités (UCAD/CESTI) et les partenaires privés dans une gestion agile et transparente.
III. LE PLAN DE DÉPLOIEMENT (18 MOIS)
Mois 1-6 : Consolidation du comité de parrainage international, lancement de la campagne de crowdfunding et acquisition du matériel.
Mois 7-12 : Phase intensive de numérisation des fonds prioritaires (Saint-Louis, Gorée) et formation des archivistes-généalogistes.
Mois 13-18 : Ouverture du portail numérique, inauguration solennelle à Gorée et remise du premier certificat symbolique.
IV. LES OUTILS DE COMMUNICATION PRÊTS À L’EMPLOI
Le Pitch Exécutif : Pour convaincre les ministères et les bailleurs.
La Lettre d’Invitation : Pour solliciter les parrains internationaux (UNESCO, figures de la diaspora).
Le Script Vidéo : Pour la campagne de mobilisation émotionnelle et financière.
Note de clôture
Ce projet dépasse le cadre de l’archivage. C’est une œuvre de reconstruction nationale et transatlantique. En documentant l’humanité là où elle a été niée, on offre au Sénégal un levier de Soft Power historique et scientifique sans précédent.
Mamadou Kassé
Journaliste
Ancien Rédacteur en chef du Soleil
Ancien CT du MICOM
Formateur au CESTI
madoukasse@yahoo.fr
776446438

