Les clubs sénégalais sont-ils condamnés à jouer les seconds rôles en Afrique ? Doivent-ils continuer à se faire éliminer dès le premier tour des compétitions africaines ? Mesure-t-on le degré de frustration qui anime les joueurs et leurs supporters ? Évalue-t-on le manque à gagner que cela représente pour le football sénégalais ? Face à la carence de nos clubs, nous n’avons plus le droit de fermer les yeux sur ce qui risque de compromettre l’avenir de notre football et d’hypothéquer la carrière de bien des footballeurs.
Par cette incursion, nous voulons esquisser des solutions qui, sans doute, vont susciter des réactions dans le monde sportif et, partant, un débat de fond chez les observateurs de notre football. C’est pourquoi ce raisonnement est mené sous le sceau de l’absurde et du saugrenu, comme certains pourraient le penser.
Saugrenu et absurde pour susciter un débat ouvert à l’ensemble du monde sportif afin de mener une réponse inclusive et participative pour notre football.
Un championnat des espoirs à côté d’un championnat seniors
En fait, il s’agit pour nous d’organiser un véritable championnat seniors avec des joueurs aguerris, disposant d’un vécu et d’une expérience confirmée sur le terrain. Ce championnat, qui prépare les compétitions africaines, va dégager des groupes de performance capables de voyager en Afrique sans connaître des éliminations précoces. Ces joueurs, dont la moyenne d’âge pourrait tourner autour de 23 à plus de 30 ans, seront des produits locaux non destinés à la vente.
Le deuxième groupe est celui des juniors et des moins de 23 ans, qui pourraient animer un autre championnat appelé celui des espoirs. Ce championnat, qui remplacerait un championnat juniors tant espéré mais qui n’arrive jamais, permettrait aux jeunes issus des académies et des écoles de football de jouer régulièrement. Ainsi, par souci de rationalisation, on aurait deux épreuves phares qui viendraient chapeauter la Ligue 2 (deuxième division).
Le mérite d’un tel système est qu’il permet à toutes les catégories de jouer pleinement sans dépenser outre mesure. Ces jeunes pourraient être vendus si leur valeur marchande est confirmée.
Les deux hypothèses jumelées pourraient satisfaire à la fois les clubs locaux et les agents vendeurs de joueurs, selon des conditions et modalités fixées au préalable.
Un jeune de 16, 17 ou 18 ans pourrait être acheté exceptionnellement par un club phare qui le désire et qui en a les moyens, comme le font les clubs étrangers, à condition d’y mettre le prix, bien encadré par les textes et les responsables du football.
Au-delà de l’aspect financier qui pourrait être invoqué par certains, ces deux championnats pourraient beaucoup rapporter à notre football.
Il s’agit là d’un débat de fond que nous avons voulu poser face à une crise qui perdure et qui ne manquera pas de susciter une réflexion riche et passionnante.
M.K.

