Polémiques autour des primes du Comex: Attention à l’échec programmé !!

Polémiques autour des primes du Comex: Attention à l’échec programmé !!

Dans deux mois, le Sénégal ira à la Coupe du monde de football. Il s’agit d’un autre rendez-vous avec l’histoire après 2002, 2018 et 2022.
Les Lions, qui ont gagné la CAN 2025-2026 au Maroc, sont revenus avec trophée et médailles, mais aussi une forte prime de victoire.

De retour, les joueurs et la délégation officielle de cinq membres du staff ont notamment reçu chacun 50 millions CFA et un terrain. La Fédération sénégalaise de football a, de son côté, alloué 13 millions CFA à certains membres du Comex.

Ces allocations financières suscitent des divergences et des polémiques sur la façon dont l’argent est distribué.

Au moment où le Sénégal doit se concentrer sur la Coupe du monde, on s’interroge sur cette querelle malsaine.
En lieu et place, on aurait dû créer les conditions d’une mobilisation générale et d’une cohésion nationale pour la Coupe du monde. Mais la Fédération n’a prévu ni la mobilisation des sponsors et parrains, ni celle des supporters et acteurs sportifs pour préparer ce rendez-vous. Ni dîner de gala, par exemple, ni manifestations pour mobiliser des ressources, ni implication des citoyens. Rien.

C’est sans doute une faille dans la préparation de cet événement. Nous avions sonné l’alerte avant la CAN. Certains ont choisi comme excuse les urgences de l’époque. Aujourd’hui, le contexte a changé, hormis les quinze supporters encore en rade.

Quel est le plan de conquête de la FSF en direction du Mondial ?
Quel plan a-t-elle soumis à l’État ? C’est sur cela que le débat devait se focaliser et non sur les primes.

Le grand paradoxe du succès : on a gagné le trophée, mais on est en train de perdre l’héritage.

En distribuant des chèques dans l’entre-soi du Palais et du Comex, on a transformé un sacre national en un « bonus de fin d’année » pour une élite. C’est le passage d’une épopée collective à une transaction privée.

Quand on considère que 50 millions CFA représentent 65 ans de SMIG, on mesure parfaitement la rupture du contrat social.
Le supporter qui a crié pendant 90 minutes et a payé de sa vie, comme nos dix-huit valeureux citoyens, ne veut pas forcément l’argent des joueurs ; il veut se sentir « propriétaire » de la victoire. Le silence de la FSF a transformé ce sentiment de propriété en un sentiment d’exclusion.

L’énergie d’une victoire s’évapore si elle n’est pas canalisée. En 2002, la « pauvreté » était le ciment ; en 2025, la « richesse mal partagée » devient l’acide.

En demandant 500 FCFA au peuple comme au Caire 86, on ne cherche pas l’argent (l’État l’a), on cherche l’engagement. On rachète « l’actionnariat affectif » des Sénégalais.

Il ne s’agit pas de faire le procès des joueurs (qui méritent leurs primes), mais celui d’une gouvernance de l’émotion qui a échoué.

Quel contraste entre la liesse de l’aéroport et le silence pesant des quartiers aujourd’hui !

Le développement du concept de « Sénégal à trois vitesses » (ceux qui touchent, ceux qui grondent, ceux qui doutent).

L’appel à l’union sacrée par ces actions concrètes comme une « feuille de route de la dernière chance ».

Le maillot national est un bien commun, pas un titre foncier.

Mamadou Kassé

administrator

Related Articles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *