La question des primes et indemnités soulève un problème de fond qui ne peut plus être éludé. Elle interpelle directement les choix de gouvernance et les priorités budgétaires au sein de la Fédération Sénégalaise de Football.
En effet, dans un contexte où les clubs amateurs évoluent dans des conditions particulièrement précaires, il est difficilement justifiable que les indemnités annuelles cumulées allouées à un seul membre du COMEX dépassent, parfois largement, la subventions accordées à un club.
Ce déséquilibre pose un véritable enjeu d’équité, mais aussi de cohérence dans l’allocation des ressources.
Le football amateur constitue pourtant le socle du système : c’est là que se forment les talents, que s’entretient la passion et que se maintient le lien social autour du sport.
Les responsables de ces clubs, souvent bénévoles, consentent des sacrifices considérables pour faire vivre le football au quotidien. À ce titre, ils sont en droit d’attendre une reconnaissance concrète à travers des mécanismes de financement plus justes et plus structurants.
Dès lors, un débat d’orientation sur la nomenclature budgétaire de la Fédération s’impose. Il ne s’agit pas de remettre en cause le principe d’indemnisation des dirigeants, mais d’en questionner le niveau, la pertinence et l’alignement avec les priorités stratégiques du football national.
En l’état, ces avantages accordés aux membres du COMEX comportent un risque réel : celui d’alimenter des tensions permanentes, de nourrir un sentiment d’injustice et, à terme, de fragiliser la cohésion de l’écosystème.
Il devient donc impératif d’engager une réflexion collective, transparente et courageuse pour :
rééquilibrer les priorités budgétaires,
renforcer le soutien au football amateur,
et inscrire la gouvernance financière dans une logique d’intérêt général.
À défaut, la question des primes continuera d’être un facteur récurrent de crispation, au détriment de la stabilité et du développement du football sénégalais.
Souleymane Boun Daouda DIOP, président de club amateur.

