Le Mondial 2026 a laissé beaucoup d’amertume, surtout chez les Africains qui ont été frustrés par certains arbitres et leurs assistants à la VAR. On se demande d’ailleurs qui est responsable : l’arbitre ou la VAR ?
Les 3 arguments soulevés et qui reviennent partout.
1. La VAR a dilué la responsabilité
Avant : 1 arbitre central = 1 décision = il assume.
Avec la VAR : « C’est la VAR qui m’a appelé » / « C’est l’arbitre qui a sifflé ». Au final, personne ne porte le chapeau. Et quand ça va contre une équipe africaine, on a l’impression que la responsabilité se dilue encore plus.
2. La VAR influence au lieu d’assister
« Dès que la VAR appelle, c’est pour suggérer un penalty. » Elle joue sur la psychologie de l’arbitre.
L’arbitre central se déplace, regarde 3 ralentis, et, psychologiquement, il a déjà l’idée en tête. Il revient rarement avec : « Non, pas penalty. » Donc la VAR devient une pression, pas une aide.
3. On enlève le jugement humain au cœur du jeu
Pourquoi demander à un gars de vérifier une action qu’il a vue à 5 m dans la surface ? Le football, c’est aussi de l’interprétation, du tempo, de l’intention. La VAR a transformé chaque contact en autopsie au ralenti. Le jeu s’est haché.
Mais attention au piège du « retour en arrière total ».
Si on supprime la VAR demain, on risque de revoir :
- Les mains non sifflées en finale ;
- Les hors-jeu de 2 m qui tuent des Coupes du monde ;
- Les simulations qui donnent des penalties imaginaires.
Mais l’arbitre central aura au moins assumé ses responsabilités et jugé selon sa conscience.
Les arbitres africains ne sont pas pires que les autres. Mais sans VAR, ils seront encore plus seuls face à la pression des Garcia de ce monde.
Une 3e voie ? Réformer la VAR au lieu de la tuer.
Beaucoup de spécialistes et de supporters proposent :
Problème actuel — Proposition
La VAR appelle pour tout → Seulement 4 cas : but, penalty, carton rouge, identité. Et uniquement pour une « erreur manifeste ».
L’arbitre va voir l’écran pendant 5 min → Temps limité à 60 s maximum. S’il n’est pas sûr en 1 min, on garde la décision du terrain.
Actions dans la surface → Interdit à la VAR d’appeler. Si l’arbitre central a vu, lui seul décide. Comme tu le dis.
Manque de transparence → Audio public : on entend ce que dit la VAR à l’arbitre, comme au rugby.
En définitive : la VAR n’est pas le talon d’Achille. Le talon d’Achille, c’est l’usage qu’on en fait, ainsi que le manque de courage de certains arbitres à garder leur libre arbitre.
Une pétition s’impose pour imposer le débat à la FIFA. Mais il faut qu’elle propose, pas juste qu’elle supprime. Sinon, on revient aux injustices d’avant 2018.
Deux options s’imposent donc :
- Suppression pure et simple ;
- Retour à l’arbitre seul avec sa conscience.
Si on garde la VAR, il faudrait alors l’encadrer très strictement.
Mamadou Kassé, journaliste

