RÉVISION DE LA CONSTITUTION : LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT DÉNONCE UNE « FORFAITURE » ET ÉVOQUE L’OPTION DU RÉFÉRENDUM

RÉVISION DE LA CONSTITUTION : LA COALITION DIOMAYE PRÉSIDENT DÉNONCE UNE « FORFAITURE » ET ÉVOQUE L’OPTION DU RÉFÉRENDUM

Les responsables de la coalition Diomaye Président ont vivement critiqué, dimanche 28 juin 2026, la proposition de loi n°17/2026 portant révision de 29 articles de la Constitution, déposée à l’Assemblée nationale par le groupe parlementaire Pastef. Lors d’une conférence de presse, ils ont estimé que ce texte remet en cause les équilibres institutionnels du pays et ont appelé le président de la République à soumettre la réforme au peuple par voie référendaire.

S’exprimant au nom de la coalition, la superviseure générale, Aminata Touré, a dénoncé ce qu’elle considère comme une dénaturation du projet initial issu des concertations nationales sur la justice et le dialogue politique.

Selon elle, les modifications introduites par les députés ont profondément transformé l’esprit du texte élaboré à l’issue de ces consultations auxquelles avaient participé les acteurs politiques, les organisations de la société civile et les forces vives de la Nation.

« Il y a, au niveau de l’Assemblée nationale, une tentative de complètement détourner les textes originels proposés par le Président de la République sur la base des différents dialogues. Les changements introduits ont complètement transformé le texte originel issu de ces concertations », a-t-elle déclaré.

L’ancienne Première ministre a rappelé que le chef de l’État, garant de la Constitution, conserve la possibilité de consulter directement le peuple sur cette réforme.

« Le Président de la République a dit que toutes ces questions iront au référendum, et il choisira la date de ce référendum », a-t-elle affirmé.

« La Constitution ne peut faire l’objet de compromis »

Le superviseur général adjoint de la coalition, Me Abdoulaye Tine, a, pour sa part, insisté sur le caractère fondamental de la Constitution dans l’architecture institutionnelle du Sénégal.

Selon lui, toute révision de la Loi fondamentale doit préserver l’équilibre des pouvoirs et respecter le rôle du président de la République en tant que garant des institutions.

« Même les Sénégalais qui n’ont pas été à l’école connaissent la valeur de la Constitution et surtout sa centralité. Lorsqu’il s’agit de modifier cette règle fondamentale, nous ne pouvons pas transiger », a-t-il déclaré.

Il s’est dit convaincu que le chef de l’État prendra, « en temps voulu », les dispositions nécessaires pour préserver les principes constitutionnels.

Des critiques contre certaines dispositions proposées

Au cours de la conférence de presse, Aminata Touré s’est particulièrement opposée à certaines dispositions de la proposition de loi, notamment celles relatives aux rapports entre l’exécutif et le Parlement.

Elle a critiqué le projet limitant à deux le nombre de dissolutions possibles de l’Assemblée nationale par le président de la République, tout en permettant, selon elle, le dépôt de motions de censure à répétition contre le Premier ministre.

Pour l’ancienne garde des Sceaux, cette disposition créerait un déséquilibre institutionnel et ouvrirait la voie à une instabilité politique.

« On est en pleine politique politicienne. L’Assemblée nationale n’est pas faite pour cela », a-t-elle estimé.

Un appel à recentrer les priorités sur les préoccupations des Sénégalais

Les responsables de la coalition ont également appelé les députés à concentrer leurs travaux sur les préoccupations quotidiennes des populations.

Aminata Touré a évoqué les défis liés à l’hivernage, à l’agriculture, à l’emploi des jeunes, à la formation professionnelle, au soutien des femmes et à la prévention des inondations, estimant que ces sujets devraient constituer les priorités de l’action parlementaire.

« Être patriote, c’est se consacrer essentiellement aux problèmes de son pays », a-t-elle déclaré.

De son côté, Me Abdoulaye Tine a estimé qu’aucune crise institutionnelle ne menace actuellement le Sénégal, soulignant que plusieurs composantes de la classe politique, de la société civile et des forces vives ont déjà exprimé leurs réserves sur cette proposition de révision constitutionnelle.

La proposition de loi portant révision de la Constitution doit être examinée en séance plénière à l’Assemblée nationale. Son issue pourrait constituer une étape importante dans le débat institutionnel en cours sur l’évolution des équilibres entre les pouvoirs exécutif et législatif au Sénégal.

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