Le Sénégal n’est ni un moteur à essence qu’on démarre au quart de tour, ni un moteur diesel qu’on actionne pour atteindre sa puissance. Mais il se présente comme un rouleau compresseur qui dégage vitesse et puissance. Les Lions, qui ont battu l’Irak à plate couture sur le score sans appel de 5 buts à 0, ont prouvé en 90 minutes qu’ils savent hisser leur niveau quand tout espoir semble compromis. Certains avaient certes perdu espoir au vu des premières sorties face à la France et à la Norvège, ignorant sans doute les capacités de ces deux équipes et la valeur intrinsèque de leurs joueurs. Mbappé, Dembélé, Doué et autres côté français, Haaland et ses relais, côté norvégien, sont incontestablement les joueurs phares d’un football européen fait de puissance et de vitesse. C’est le facteur X du Mondial 2026 avec des joueurs physiquement puissants et tactiquement bien structurés. Face à ces mastodontes, les Lions avaient des soucis pour démarrer la machine, pris en étau par le dilemme : attaquer ou défendre.
Maintenant que le Sénégal a bien jaugé ses forces et faiblesses et mesuré l’écart qui le sépare des meilleurs, il est à même de contrôler son élan face aux futurs adversaires. C’est dire que les Lions ont leur destin en mains vers ce qu’on appelle les matchs de coupe à élimination directe. Quel que soit l’adversaire, Pape Thiaw et son groupe n’auront plus l’excuse de la surprise et de l’ignorance. C’est en cela que les matchs de groupes servent de baromètre pour jauger ses forces et faiblesses.
Le Sénégal, qui s’est révélé face à l’Irak, est la version améliorée de celui de la CAN avec une efficacité redoutable et des joueurs qui marquent dans toutes les positions.
Pourvu que les fruits répondent à la promesse des fleurs.
Mamadou Kassé, journaliste

