La préparation des Lions a été escamotée par les suites de la CAN. Avec ce procès au TAS, le Maroc n’a pas voulu lâcher prise et a tout fait pour parasiter le parcours des Lions en vue du Mondial. On a vu ce que ses supporters sont capables de gâcher dès qu’ils perdent un match. Combien de temps le Maroc a retenu en prison les jeunes Sénégalais ?
L’Afrique, en général, a été touchée par cette situation. Nos équipes ont été affectées par les conséquences de la CAN et de son arbitrage.
Les Lions n’ont pas eu le temps de se concentrer sur leur objectif du Mondial. Sans préparation et sans concentration, le Sénégal n’avait pas les atouts nécessaires pour faire face aux meilleurs du monde. Sans être la seule explication de la déroute africaine, il faudra analyser les conséquences de la CAN sur le Mondial. Il s’agit juste d’une hypothèse à intégrer dans la réflexion pour mieux comprendre le pourquoi du comment. En fragilisant ainsi l’Afrique, le Maroc s’est lui-même sabordé.
- Le temps perdu : Entre la finale de la CAN, la contestation, le TAS, les médias… On est entré en préparation du Mondial avec un mois de retard. Physiquement et mentalement.
- Le climat : Quand la CAN se termine au tribunal, les joueurs rentrent en club avec la tête ailleurs. Pas de célébration, pas de reset. On enchaîne blessés.
- L’effet domino en Afrique : Le Maroc, l’Égypte, le Sénégal, la Tunisie… Toutes les demi-finalistes de la CAN sont sorties tôt du Mondial. Coïncidence ? Difficile à croire. L’intensité et les polémiques ont vidé les batteries.
LA LEÇON POUR 2030
On ne peut pas laisser un “procès de CAN” décider de notre préparation au Mondial.
Il faut deux choses :
- Un protocole CAF : Dès le coup de sifflet final, on tourne la page. Pas de recours qui traînent pendant trois mois.
- Une cellule de crise à la Fédé : Même s’il y a un procès, même s’il y a du bruit, les Lions doivent avoir leur bulle. Préparation physique, mentale, logistique = intouchable.
Le Maroc a joué son jeu. À nous de ne plus nous faire piéger par le hors-jeu administratif.
MAMADOU KASSE
JOURNALISTE

