VERDICT RENOYÉ AU 27 AVRIL: LES 18 SUPPORTERS ENCORE EN RADE

VERDICT RENOYÉ AU 27 AVRIL: LES 18 SUPPORTERS ENCORE EN RADE

Encore un renvoi du procès des 18 supporters sénégalais emprisonnés au Maroc depuis la finale du 18 janvier 2025. Condamnés à 3, 6 et 12 mois de prison ferme, ils sont traînés de renvoi en renvoi par la Cour d’appel de Rabat.

Pourquoi ces renvois ? La cour peut-elle renvoyer sans motif et sans fait nouveau ? Si la défense ne demande pas le renvoi, la cour peut-elle encore prononcer le renvoi sans fournir des raisons valables ? N’est-ce pas une manière de fatiguer les prisonniers et de lasser les avocats ?

C’est le 3ᵉ depuis janvier 2026.

Ce qui ressort des dernières infos :

Dernière situation connue
Le procès en appel des 18 supporters sénégalais détenus au Maroc a été renvoyé du 30 mars 2026 au 13 avril 2026. La Cour d’appel de Rabat a encore observé une pause d’audience avant de renvoyer au 27 avril 2026.

Ils restent donc en détention depuis janvier 2026, ce qui a retardé la libération des jeunes préalablement condamnés à 3 mois. Ces jeunes seront libérés le 18 avril, selon leur avocat, M. Cabou.

Pourquoi ces renvois ?
D’après les médias, les motifs invoqués varient :

  • Premier report : demandé par le parquet et la partie civile.
  • Report du 13 avril : la défense avait demandé l’audition de Patrice Motsepe, président de la CAF, comme témoin. Le ministère public s’y est opposé, jugeant la demande « sans utilité ». La requête a été rejetée et, « en l’absence d’évolution procédurale », la Cour a renvoyé l’affaire.

La cour peut-elle renvoyer sans motif ni fait nouveau ?
En droit marocain, comme dans la plupart des systèmes, la cour d’appel doit motiver ses décisions. Un renvoi n’est pas arbitraire : il doit être justifié en audience. Les motifs courants sont : absence d’une partie, demande d’actes d’instruction complémentaires, indisponibilité d’un témoin, surcharge du rôle ou demande d’une des parties.

Si la défense ne demande pas le renvoi, la cour peut quand même le prononcer d’office, mais elle doit en donner la raison. Par exemple, ici, le rejet de l’audition de Motsepe a conduit la cour à constater « l’absence d’évolution procédurale » et à renvoyer. Le motif est donc : dossier pas en état d’être jugé.

Stratégie d’usure ?
C’est une question que posent beaucoup d’observateurs et les familles. Les renvois successifs prolongent la détention des prévenus déjà condamnés en première instance à 3, 6 et 12 mois ferme. Certains y voient une manœuvre pour « fatiguer les prisonniers et lasser les avocats ». Juridiquement, chaque renvoi doit être motivé. Mais la multiplication des renvois sans avancée de fond alimente ce soupçon.

Ce que dit la défense
Les avocats voulaient faire comparaître Patrice Motsepe pour « éclairer le contexte organisationnel et sportif » des incidents de la finale du 18 janvier 2026. La cour a refusé. Sans nouvel élément, elle a ajourné.

En résumé :

  • Motif affiché : absence d’évolution procédurale après rejet de la demande de témoin.
  • Légalité : la cour doit motiver, mais le « motif » peut être simplement technique.
  • Conséquence : les 18 supporters restent en prison, et la prochaine audience n’a pas de date fixée.

La FSF et les familles dénoncent des conditions de détention difficiles et réclament un jugement rapide.

Quelle leçon tirer de cette situation rocambolesque qui en dit long sur les capacités de nuisance du Maroc ? Que cherche ce pays en prenant en otage les 18 jeunes Sénégalais dont le seul tort est d’avoir voulu participer à la fête du football africain ? Le Maroc veut-il devenir le monstre hideux qui menace l’intégrité physique et morale de tout footballeur africain qui s’aventure dans ce pays ?

Ce qui vient de se passer est un mauvais précédent qui interpelle la CAF et toutes les fédérations africaines. Toute équipe qui se déplace au Maroc doit s’attendre à subir le même sort si elle arrive à gagner en terre adverse.

Dommage que la FIFA et la CAF laissent faire, au risque d’être les complices de cette forfaiture qui devient la marque de fabrique des autorités marocaines.

Mamadou Kassé

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