Faiblesse de nos clubs : pourquoi pas une charte de jeu comme boussole ?

Faiblesse de nos clubs : pourquoi pas une charte de jeu comme boussole ?

Une charte de jeu nationale agirait comme une véritable boussole pour l’ensemble de notre écosystème footballistique, du centre de formation jusqu’à l’élite.

Cette « révolution doctrinale » pourrait profondément transformer le visage de notre championnat.

1. Une identité de jeu commune

À l’image de ce qu’a réalisé l’Espagne avec le « Tiki-taka » ou l’Allemagne après sa crise des années 2000, la Direction technique nationale pourrait imposer des principes non négociables :

  • priorité à la possession progressive ;
  • interdiction du « balancer devant » systématique ;
  • densité offensive avec un nombre minimum de joueurs dans la surface adverse lors des attaques placées ;
  • relance courte obligeant gardiens et défenseurs à construire depuis l’arrière afin d’élever le niveau technique général.

2. Conditionner les aides à la qualité du spectacle

Pour que cette charte ne reste pas un simple document rangé dans un tiroir, la Ligue et la Fédération sénégalaise de football pourraient lier les subventions ou les droits télévisés à des critères de performance offensive.

Cela pourrait passer par :

  • un système de bonus de points, par exemple quatre points pour une victoire avec plus de deux buts d’écart ;
  • des récompenses financières destinées aux meilleures attaques et non plus uniquement au champion ou à la meilleure défense.

3. Réformer la formation des cadres

L’obtention des diplômes d’entraîneur, notamment les licences CAF, devrait intégrer une évaluation plus exigeante sur la capacité à produire du jeu.

Un technicien validant ses modules uniquement sur sa capacité à « garer le bus » ne devrait plus être considéré comme une référence technique.

4. L’impact sur l’exportation de nos talents

Aujourd’hui, de nombreux joueurs sénégalais quittent le pays avec des lacunes tactiques offensives. En imposant une charte ambitieuse, le football local préparerait mieux ses attaquants et ses milieux créateurs aux exigences du très haut niveau européen et mondial.

Cependant, une telle réforme exigerait un courage politique important de la part des instances dirigeantes. Il faudrait accepter que, durant une phase de transition, les résultats puissent être irréguliers, le temps que joueurs et entraîneurs assimilent ces nouveaux réflexes.

Au-delà de la charte, le manque de stabilité des effectifs — avec des départs fréquents des meilleurs joueurs — rend la mission des entraîneurs presque impossible lorsqu’il s’agit de construire une véritable animation offensive.

C’est donc tout l’écosystème du football sénégalais qui mérite d’être revu et corrigé.

Mamadou Kassé

administrator

Related Articles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *