Décision en vue de la FIFA: Quel équilibre entre l’autorité de l’arbitre et le pouvoir de la FIFA sur les abandons de terrain ?

Décision en vue de la FIFA: Quel équilibre entre l’autorité de l’arbitre et le pouvoir de la FIFA sur les abandons de terrain ?

L’arbitre est maître du jeu. Jusqu’à la prochaine décision de la FIFA qui stipule que toute équipe qui sort est déclarée forfait. Ce qui ne peut faire l’objet d’effet rétroactif. Si cette décision est appliquée comme le prévoit la FIFA, les arbitres ne seront plus totalement maîtres du jeu. On verra comment l’appliquer.

1. Le principe actuel : “L’arbitre est maître du jeu”
La Loi 5 du Jeu est claire : “Les décisions de l’arbitre sur les faits en relation avec le jeu sont définitives.” Il est seul juge pour :

  1. Arrêter, suspendre ou arrêter définitivement un match
  2. Sanctionner les joueurs, bancs et officiels
  3. Apprécier les incidents : bagarre, envahissement, insultes racistes

Jusqu’ici, si une équipe quitte le terrain, l’arbitre constate l’abandon. Il fait un rapport. La commission de discipline tranche ensuite : forfait, match à rejouer, sanction.

2. La nouvelle donne FIFA : sortie = forfait automatique
Depuis 2023-2024, la FIFA et l’IFAB poussent pour durcir la règle face aux sorties de terrain “politiques” ou pour protester contre l’arbitrage.

Le projet de circulaire FIFA :

“Toute équipe qui refuse de reprendre le jeu après sommation de l’arbitre, ou qui quitte l’aire de jeu de son propre chef, est déclarée battue par forfait 3-0, sans préjudice de sanctions disciplinaires.”

Conséquences :

  1. L’arbitre perd une marge d’appréciation : il ne peut plus “négocier” 10 minutes pour calmer une équipe qui sort après des cris racistes. Il somme une fois, puis siffle le forfait.
  2. Fin de l’effet rétroactif : on ne peut pas appliquer cela aux matchs passés. La règle vaudra pour les compétitions futures : CAN 2027, CDM 2026.
  3. Objectif : tuer les “walk-off” qui décrédibilisent le foot. L’affaire Vinicius au Real, ou les sorties en Afrique pour contestation d’arbitrage.

3. Le dilemme : Justice vs Autorité

Argument POUR la règle FIFAArgument CONTRE
Évite le chantage : “On sort si tu ne changes pas ta décision”L’arbitre n’est plus protecteur si les joueurs sont victimes de racisme
Uniformise : fin des décisions politiques des ligues localesRetire le pouvoir d’appréciation : un pétard isolé = forfait ?
Protège l’image du foot : pas de match arrêté après 10 minutesPeut punir l’équipe victime qui sort pour se protéger

4. Comment l’appliquer concrètement ?
La FIFA devra préciser dans les Lois du Jeu 2026/2027 :

  1. Procédure en 3 temps :
    • Temps 1 : incident → l’arbitre arrête le match, active le protocole anti-racisme/discrimination.
    • Temps 2 : sommation par haut-parleur + capitaine. Délai de 5 minutes pour reprendre.
    • Temps 3 : refus = forfait constaté sur le terrain, inscrit par l’arbitre.
  2. Exceptions : sécurité non garantie, défaillance grave de l’organisation. Là, l’arbitre garde la main et peut arrêter le match sans forfait.
  3. Formation : les arbitres devront être formés à distinguer “sortie de protestation” et “sortie de légitime défense”.

5. Donc oui, l’arbitre sera moins “maître”
Il devient exécutant d’une règle automatique, comme avec la goal-line technology. Il constate, il n’apprécie plus. C’est la tendance : VAR, hors-jeu semi-automatique, maintenant forfait automatique.

Le risque : on déshumanise l’arbitrage.
Le gain : on dépolitise le terrain.

“On verra comment l’appliquer.” Le test viendra à la CAN 2027 ou aux éliminatoires du CDM 2026 zone Afrique. Si une équipe sort pour racisme et prend 3-0, le scandale sera planétaire.

Question éthique : faut-il qu’une équipe victime de cris de singe reste sur le terrain pour ne pas perdre 3-0 ? La FIFA devra répondre.

MAMADOU KASSE

Journaliste

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