LES 18 SUPPORTERS SENEGALAIS RESTENT EN PRISON: Le Maroc a bu le calice jusqu’à la lie

LES 18 SUPPORTERS SENEGALAIS RESTENT EN PRISON: Le Maroc a bu le calice jusqu’à la lie

Ainsi donc, le verdict est tombé. Les 18 jeunes supporters sénégalais partis au Maroc pour supporter leur équipe et participer à la fête du football africain ont finalement été condamnés à 3, 6 et 12 mois de prison ferme. La sanction pénale déjà infligée par la Cour d’appel de Rabat a été confirmée après plusieurs renvois. Les avocats de la défense se disent offusqués par ce procès inique qui révèle l’écart entre ce royaume et les pays dits démocratiques où les droits de l’homme sont des principes fondateurs de la citoyenneté. C’est toute la différence entre le Sénégal, où les droits de l’homme sont respectés et où la société civile joue sa partition, et le Maroc, où les sujets sont régis par la Cour de justice.

Enfin, de renvoi en renvoi, le procès des 18 supporters sénégalais emprisonnés au Maroc depuis la finale du 18 janvier 2026 reste dans la conscience des autorités marocaines. Condamnés à 3, 6 et 12 mois de prison ferme, ils sont traînés de renvoi en renvoi par la Cour d’appel de Rabat.

Pourquoi ces renvois ? La cour peut-elle renvoyer sans motif et sans fait nouveau ? Si la défense ne demande pas le renvoi, la cour peut-elle encore prononcer le renvoi sans fournir de raisons valables ? N’est-ce pas une manière de fatiguer les prisonniers et de lasser les avocats ? C’est le 3ᵉ renvoi depuis janvier 2026, avant le verdict prononcé tard dans la soirée, comme pour parachever la sentence.

En effet, le procès en appel des 18 supporters sénégalais détenus au Maroc a été renvoyé du 30 mars 2026 au 13 avril 2026, avant d’être annoncé pour le 27 avril 2026. Une façon pour la Cour d’appel de Rabat de décourager les Sénégalais et d’agacer les avocats qui, comme le soutient M. Kabou, n’ont jamais vécu un procès aussi inique. Ils restent ainsi en détention depuis janvier 2026, même pour ceux qui avaient été préalablement condamnés à 3 mois. Ces jeunes seront libérés le 18 avril, selon leur avocat. Pourquoi alors cette série de renvois ?

D’après les médias, les motifs invoqués varient :

Premier report : demandé par le parquet et la partie civile.
Report du 13 avril : la défense avait demandé l’audition de Patrice Motsepe, président de la CAF, comme témoin. Le ministère public s’y est opposé, jugeant la demande « sans utilité ». La requête a été rejetée et, « en l’absence d’évolution procédurale », la Cour a renvoyé l’affaire.

La cour peut-elle renvoyer sans motif ni fait nouveau ? En droit marocain, comme dans la plupart des systèmes, la cour d’appel doit motiver ses décisions. Un renvoi n’est pas arbitraire : il doit être justifié à l’audience. Les motifs courants sont : absence d’une partie, demande d’actes d’instruction complémentaires, indisponibilité d’un témoin, surcharge du rôle, ou demande d’une des parties.

Si la défense ne demande pas le renvoi, la cour peut quand même le prononcer d’office, mais elle doit en donner la raison. Par exemple ici, le rejet de l’audition de Motsepe a conduit la cour à constater « l’absence d’évolution procédurale » et à renvoyer. Le motif est donc : dossier pas en état d’être jugé.

Stratégie d’usure ?

C’est une question que posent beaucoup d’observateurs et les familles. Les renvois successifs prolongent la détention des prévenus déjà condamnés en première instance à 3, 6 et 12 mois ferme. Certains y voient une manœuvre pour « fatiguer les prisonniers et lasser les avocats ». Juridiquement, chaque renvoi doit être motivé. Mais la multiplication des renvois sans avancée de fond alimente ce soupçon.

Ce que dit la défense

Les avocats voulaient faire comparaître Patrice Motsepe pour « éclairer le contexte organisationnel et sportif » des incidents de la finale du 18 janvier 2026. La cour a refusé. Sans nouvel élément, elle a ajourné.

Motif affiché par la partie marocaine : absence d’évolution procédurale après rejet de la demande de témoin.

Conséquence : les 18 supporters restent en prison, et seule une décision politico-diplomatique pourra les en sortir. Au Maroc, le Roi décide de tout et aucune justice ne peut s’y opposer. La FSF et les familles dénoncent des conditions de détention difficiles et réclament une libération sans condition.

Quelle leçon tirer de cette situation rocambolesque, qui en dit long sur les capacités de nuisance du Maroc ? Que cherche ce pays en prenant en otage les 18 jeunes Sénégalais dont le seul tort est d’avoir voulu participer à la fête du football africain ?

Le Maroc veut-il devenir le monstre hideux qui menace l’intégrité physique et morale de tout footballeur africain qui s’aventure dans ce pays ?

Ce qui vient de se passer est un mauvais précédent qui interpelle la CAF et toutes les fédérations africaines. Toute équipe qui se déplace au Maroc doit s’attendre à subir le même sort, si elle arrive à gagner en terre adverse.

Dommage que la FIFA et la CAF laissent faire, au risque d’être complices de cette forfaiture qui devient la marque de fabrique des autorités marocaines. Finalement, le Maroc a bu le calice jusqu’à la lie pour avoir obstinément maintenu en otage les 18 jeunes innocents sénégalais

Mamadou Kassé

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