En 80 ans d’existence, l’Organisation des Nations unies (ONU) a connu neuf secrétaires généraux, tous des hommes.
« La nomination de Michelle Bachelet offrirait à l’ONU l’opportunité de bénéficier d’une direction forte, dotée d’une expérience reconnue, d’une légitimité internationale et d’un profond sens du service public. Nous soutenons cette candidature, convaincus que son leadership contribuera à la pleine réalisation des buts et principes inscrits dans la Charte des Nations unies », a déclaré l’Itamaraty.
En huit décennies, aucune femme n’a été élue au poste de secrétaire générale. Cette fois-ci, deux candidates sont en lice. Sur son site officiel, l’organisation elle-même indique que la pression s’accentue pour qu’une femme accède à cette fonction, tout en précisant qu’« il n’y a aucune garantie ».
Dans ce contexte, le Chili avait officialisé en février son soutien à la candidature de Michelle Bachelet, ancienne présidente du pays (à deux reprises), ancienne Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme et ex-directrice exécutive d’ONU Femmes. Toutefois, le gouvernement chilien, dirigé par le président d’extrême droite José Antonio Kast, a retiré ce soutien. Le principal motif invoqué est le changement d’orientation idéologique au sein de l’exécutif. Kast défend en effet des positions opposées à celles de Mme Bachelet, membre du même courant politique que Gabriel Boric, son prédécesseur.
Lula réclame des réformes à l’ONU
Dans plusieurs discours prononcés au Brésil et à l’étranger, le président Luiz Inácio Lula da Silva a vivement critiqué l’ONU. Le dirigeant du Parti des travailleurs estime que l’organisation n’a plus la même influence qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il souligne également que certains membres permanents du Conseil de sécurité, comme les États-Unis et la Russie, sont eux-mêmes impliqués dans des conflits.
« Ce à quoi nous assistons dans le monde, c’est à l’échec total et absolu des Nations unies. Le Conseil de sécurité et ses membres permanents ont été créés pour maintenir la paix. Or, ce sont eux qui font la guerre », a-t-il déclaré en mars dernier, qualifiant ces puissances de « seigneurs de guerre ».
Les responsabilités du Secrétaire général
Selon l’ONU, le Secrétaire général est chargé de :
- Diriger le Secrétariat de l’ONU et les opérations internationales ;
- Porter à l’attention du Conseil de sécurité toute question menaçant la paix mondiale ;
- Agir comme médiateur, défenseur et porte-parole lors des crises internationales ;
- Mettre en œuvre les décisions des États membres.
Michelle Bachelet est créditée d’une forte capacité à faciliter le dialogue et d’une solide expérience des processus politiques complexes. Elle a notamment été marquée par la répression sous la dictature du général Augusto Pinochet. Son engagement en faveur des valeurs fondamentales des Nations unies est également mis en avant.
L’ONU n’a encore jamais été dirigée par une femme. Soutenir Michelle Bachelet revient, pour ses partisans, à affirmer que la gouvernance mondiale doit refléter la réalité du monde : diverse, plurielle et traversée par des injustices nécessitant courage politique et empathie.
Le Portugais António Guterres, en fonction depuis 2017, est l’actuel et neuvième secrétaire général de l’ONU. Ses prédécesseurs immédiats sont le Sud-Coréen Ban Ki-moon (2007-2016), le Ghanéen Kofi Annan (1997-2006) et l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali (1992-1996). Plus tôt, le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar a occupé ce poste de 1982 à 1991.
Si la rotation continentale n’est pas une règle formelle, Michelle Bachelet apparaît aujourd’hui en position favorable, aux côtés de la Costaricaine Rebeca Grynspan, dans une dynamique marquée à la fois par la recherche d’un équilibre géographique et par la question de la représentation des femmes.
Detoubab Ndiaye

