Va t-on vers un fiasco de la Presse sénégalaise lors des Jeux olympiques de la jeunesse 2026? Les médias sénégalais seront-ils les grands absents de cet événement mondial qui mobilise les sportifs?
A l’analyse du contexte de préparation de ces JOJ et des programmes établis dans différents secteurs et les principaux acteurs, on s’aperçoit que la presse et les acteurs des médias sont totalement laissés en rade. Du moins pour l’instant.
Aucun programme de préparation pour les journalistes, aucune formation, aucune mesure d’amélioration des plateaux technique et technologique. Bref, tout est fait comme si on voulait isoler la presse locale et l’exclure du champ de compétence du journalisme. Pourquoi cette exclusion?
Les journalistes, les techniciens, les réalisateurs, les producteurs et les diffuseurs ne bénéficient d’aucune formation et aucun équipement de nouvelle génération n’est prévu pour créer une valeur ajoutée pour la presse.
Si le COJOJ envisage de faire appel à l’assistance technique pour la couverture médiatique, le Sénégal sera passé à côté de ce qui aurait dû être son cahier des charges.
Ainsi, à moins de six mois de l’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026, premier événement olympique de l’histoire du continent africain, les acteurs des médias et de l’audiovisuel sénégalais sont en droit d’exprimer leur profonde inquiétude quant à la place réservée à la presse et aux techniciens locaux.
Si la production du signal mondial est légitimement confiée à l’OBS (Olympic Broadcasting Services), les JOJ ne peuvent se résumer à une vitrine internationale sans impact durable sur l’écosystème local.
À ce jour, aucun cadre formel ne garantit le transfert de compétences ni la transmission de l’héritage technique.
Le Sénégal ne peut pas être le simple décor d’un événement dont il ne maîtriserait ni les technologies de diffusion de pointe, ni le récit médiatique. Sans action immédiate, la presse sénégalaise sera réduite à regarder les Jeux à la télévision, au même titre que le reste du monde, manquant ainsi l’opportunité de transformation accélérée qu’a pu connaître un pays comme le Maroc lors des grands événements sportifs africains.
Pour transformer le défi de Dakar 2026 en une réussite nationale durable, la presse sénégalaise se doit d’exiger l’intégration immédiate de nouvelles clauses contraignantes à établir avec les organisations professionnelles. Par exemple, les professionnels des médias doivent être intégrés au cœur des équipes de production internationales pour acquérir les standards de diffusion olympique.
Le COJOJ doit sanctuariser un accès de premier ordre pour les professionnels locaux à travers
des accréditations prioritaires avec accès complet au MPC (Main Press Centre) et aux zones mixtes pour les journalistes nationaux.
L’intégration obligatoire de la presse locale dans les événements tests de septembre 2026.
Les organisations professionnelles et les directeurs généraux des médias sénégalais doivent être impliqués pour une réussite totale des JOJ Dakar 2026.
La presse locale est le premier relais pour mobiliser la jeunesse, remplir les stades et assurer la communication de l’événement.
Cependant, ce partenariat ne peut être à sens unique.
C’est pourquoi l’organisation, avant le 30 juin 2026, d’une Table Ronde de la presse serait une urgence absolue.
L’objectif de cette rencontre serait de ratifier le « Protocole Média Legacy JOJ 2026 ».
À défaut d’engagements écrits et contractuels à cette échéance, la presse sénégalaise saura en tirer toutes les conséquences quant à sa participation à la couverture et à la promotion de l’événement.
M.K.

