Comment réparer la plaie invisible de l’esclavage?
L’esclavage transatlantique a déporté 12,5 millions d’Africains. Il a aussi commis un crime plus durable.L’effacement de l’identité. Nom, langue, filiation, cosmogonie : tout a été arraché.
Résultat : 200 millions d’Afro-descendants dans le monde sont des “orphelins de l’Histoire”. Ils portent des noms d’emprunt et cherchent leurs racines à coups de tests ADN payants.
Le Sénégal, porte de Gorée, a le devoir moral et historique de répondre à cette quête identitaire.
La réponse qu’il peut proposer porte sur la création d’un Centre National de la Mémoire et de la Généalogie Africaine avec pour mission de redonner à chaque Afro-descendant qui le demande une preuve documentée de ses origines africaines.
Les trois fonctions clés concisteraient à:
- Numériser : Tous les registres de Gorée, Saint-Louis, Rufisque 1670-1848. Partenariat avec Ancestry, National Archives UK/US.
- Rechercher : Équipe de 15 généalogistes/historiens pour reconstituer les lignées. Délivrance d’un Certificat de Racines officiel.
- Transmettre: Base de données publique, programmes scolaires, accueil des délégations diaspora.
Le coût previsionnel serait de 1,2 milliard FCFA sur 5 ans.
Financement : 50% État Sénégal, 30% Union Africaine, 20% UNESCO/diaspora. Moins cher qu’un stade, plus durable qu’un colloque.
Pourquoi maintenant et pourquoi le Sénégal
Le Ghana a lancé le “Year of Return”. Le Sénégal peut aller plus loin : passer du symbole à la preuve documentée. Aucun pays africain ne l’a fait.
Diplomatie et tourisme : 50 000 Afro-descendants visitent Gorée chaque année. Avec ce centre, ils viennent chercher leur histoire, pas juste un selfie. Impact économique direct sur Saint-Louis, Dakar, Gorée.
Justice mémorielle: Quand le Sénégal parle avec des archives en main, la France, le Portugal, le Royaume-Uni sont obligés d’ouvrir les leurs. On passe de l’émotion au droit.
Ce que le Sénégal gagne
Sur le plan moral: On répare ce que la colonisation a brisé. On donne un nom aux sans-nom.
Sur le plan diplomatique : Le Sénégal devient la référence mondiale sur la question des racines africaines.
Sur le plan économique: Tourisme mémoriel qualifié, partenariats universités US/Brésil, fonds diaspora.
Nommer le crime, c’est commencer à le guérir.
Un centre national de généalogie ne répare pas le passé, mais il redonne une adresse à ceux qui n’en ont plus. Il transforme la quête individuelle, solitaire et coûteuse en droit public, documenté, accessible.
Cela répare l’irréparable sans attendre les milliards des réparations financières: On ne ramènera pas les 12,5 millions de déportés. Mais on peut redonner un nom, un village, une lignée à 100 000 descendants en 10 ans.
Cette mission ancre le Sénégal comme carrefour de la mémoire: Gorée, Saint-Louis, Rufisque sont déjà des lieux de pèlerinage, il faut en faire des lieux de memoire. Avec un centre à Dakar, on passe du symbole à l’outil. Le Sénégal devient le point d’entrée officiel de la diaspora qui cherche ses racines.
Elle crée une preuve : Les tests ADN donnent une probabilité. Les registres de Gorée, Saint-Louis, Gorée, les archives coloniales, les registres de paroisse donnent une preuve. Nom, date d’embarquement, nom du navire, nom du maître.
Points de détails
UN CENTRE DE LA MEMOIRE ET DE LA GÉNÉALOGIE AFRICAINE
Un Centre National de la Mémoire et de la Généalogie Africaine – CNMGA serait une insitution appropriée pour mener les trois mission’s attendues.
- Collecte et numérisation :
- Numériser tous les registres de Gorée, Saint-Louis, Rufisque 1670-1848.
- Convention avec Ancestry, FamilySearch, National Archives UK/US pour croiser les données.
- Partenariat avec les mosquées et églises, les sites traditionnels qui ont conservé les registres de baptême/mariage.
- Recherche et restitution :
- Équipe de 15 généalogistes, historiens, linguistes wolof, sérère, mandingue.
- Service gratuit pour tout Afro-descendant qui fournit un test ADN ou un nom de famille colonial.
- Délivrance d’un “Certificat de Racines” reconnu par l’État sénégalais.
- Transmission :
- Base de données consultable en ligne, wolof/français/anglais.
- Programme scolaire “Retrouve ton arbre” pour les lycées sénégalais.
- Accueil des délégations diaspora à Gorée avec dossier généalogique en main
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COÛT ESTIMATIF POUR UN TEL PROJET
Coût estimé : 1,2 milliard FCFA sur 5 ans. 800 millions pour numérisation, 400 millions pour équipe et bâtiment.
Financement : 50% État du Sénégal, 30% Union Africaine, 20% UNESCO/Fondations diaspora. Moins cher qu’un stade.
L’impact symbolique et politique et économique
Aujourd’hui, un Afro-américain paie 2000 dollars à Ancestry pour qu’on lui dise “vous venez du golfe du Bénin”.
Demain, il vient à Dakar, et on lui dit : “Votre ancêtre, Amadou Ba, a été embarqué le 14 mars 1821 à Gorée sur le navire La Marie. Voici l’acte.”
Ça change tout. On passe du tourisme mémoriel à la justice mémorielle.
Et ça oblige la France, le Portugal, le Royaume-Uni à ouvrir leurs archives. Quand le Sénégal parle avec des documents en main, on n’est plus dans l’émotion. On est dans le droit
Mamadou Kasse

