Le Maroc veut nous faire croire que l’arbitre est le maître du jeu et en tirer la conclusion que les Lions ne devaient pas réagir sur le terrain. Ces Marocains veulent soutenir que le Sénégal ne peut pas refuser les décisions sur le terrain et accepter sa feuille de match. Ils ont protesté et obligé l’arbitre à arrêter le jeu pendant de longues minutes sur le penalty de Brahim Diaz, lui indiquant la VAR. Ils ont donc arrêté la partie qui se déroulait normalement après le but refusé au Sénégal.
Par conséquent, il faut contrer ce narratif selon lequel l’arbitre est le maître du terrain et que personne ne devrait entraver son jugement.
Il faudra expliquer, comme le prévoit le règlement et le recours à la VAR, que les Lions n’ont fait qu’exercer leur droit de protester, comme le font tous les footballeurs sur le terrain, comme l’ont aussi fait les Marocains qui ont obligé l’arbitre à aller consulter la VAR. Il y a beaucoup de faits de jeu qui auraient dû être pris en compte par l’arbitre et qui ne l’ont pas été. Les joueurs, en tant qu’êtres humains, ont été agacés par ces actes et l’ont manifesté. Pas plus. Le retour sur le terrain est aussi un signe de respect pour les arbitres et le public qui voulait voir la finale se terminer. Les Lions ont ainsi sauvé la CAN.
Il y a là des contre-arguments à faire valoir s’ils s’accrochent à ce point. Sans compter les actes, insultes et menaces envers les joueurs (cas de G. Diouf), les supporters, provoqués et violents.
Si ces violences exercées sur eux ne sont pas des manifestations de racisme ou de xénophobie, cela y ressemble.
Il faut également étudier le contenu de la feuille de match pour voir les arguments à exploiter contre le jury d’appel, qui ne doit pas contredire le contenu de la feuille de match.
Je sais que tous ces éléments sont pris en compte par les avocats du Sénégal qui accompagnent Me Mohamed Seydou Diagne dans ce procès.
Les comportements et propos des Marocains envers les Lions et les supporters sont certes à mettre sur le compte de la frustration et de la nervosité, mais ils ne doivent pas ternir les relations entre les peuples.
Le football ne saurait prospérer sur le vivier de la xénophobie et du rejet de l’autre. Il ne saurait non plus faire le lit de l’intolérance entre les joueurs et supporters, comme l’illustre, au demeurant, le cas Vinicius, qui est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Les Sénégalais pouvaient jusque-là considérer les Marocains comme des frères eu égard à une cohabitation harmonieuse, mais une fraternité se nourrit dans les deux sens, sinon elle conduit à la rupture.
Mamadou Kassé

