La première usine de dessalement d’eau de mer du Sénégal approche de sa phase finale. En visite de chantier, jeudi 12 mars 2026, aux Mamelles, plusieurs membres du gouvernement ont constaté l’état d’avancement de cette infrastructure stratégique destinée à renforcer l’approvisionnement en eau potable de Dakar.
Niché au sommet des falaises des Mamelles, face à l’océan Atlantique, le site industriel est désormais proche de l’achèvement. À l’intérieur du complexe, l’eau de mer est aspirée dans un vaste bassin avant d’être acheminée vers des installations où elle subit différentes étapes de traitement pour être dessalée. Pompes, conduites de grande dimension et structures métalliques composent un dispositif industriel impressionnant, installé au cœur du littoral dakarois.
La mission de terrain était conduite par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye. Il était accompagné notamment du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, de la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Fatou Diouf, ainsi que du directeur général de la Société nationale des eaux du Sénégal, Abdoul Niang.
Le préfet de Dakar, Chérif Mouhamadou Blondin Ndiaye, et le maire de Ouakam, Abdoul Aziz Guèye, faisaient également partie de la délégation.
Un chantier avancé à plus de 90 %
Sur place, Cheikh Tidiane Dièye s’est félicité de l’avancement des travaux. « L’essentiel des composantes du projet est aujourd’hui réalisé avec un niveau d’avancement compris entre 90 et 98 % », a-t-il indiqué, saluant la qualité des infrastructures et les technologies déployées.
Selon lui, cette installation marque une étape majeure dans la stratégie nationale de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable de la capitale. « C’est la première expérience du Sénégal en matière de dessalement de l’eau de mer. C’est un projet innovant et courageux qu’il fallait oser », a-t-il souligné.
Une capacité de 100 000 m³ d’eau par jour
Une fois mise en service, l’usine produira de l’eau dessalée en deux phases de 50 000 mètres cubes par jour, soit une capacité totale de 100 000 m³ quotidiens. Cette production sera injectée dans le réseau afin de répondre à la demande croissante en eau potable dans l’agglomération de Dakar, dont la population ne cesse d’augmenter.
Le projet représente un investissement global estimé à 158 milliards de francs CFA, financé en grande partie par le Japon à hauteur de 137 milliards de francs CFA, avec une contribution d’environ 20 milliards de francs CFA de l’État du Sénégal.
Pour le ministre de l’Hydraulique, cette infrastructure permettra au Sénégal de rejoindre le cercle des pays utilisant les technologies modernes de production d’eau potable. « Jusqu’ici, nous visitions ce type d’ouvrage dans d’autres pays. Demain, ce seront d’autres qui viendront ici pour s’en inspirer », a-t-il affirmé.
El Faye

