Répondant aux députés lors des questions d’actualité, le Premier ministre Ousmane Sonko a abordé sans détour la situation tendue à l’université, articulant son propos autour de deux axes majeurs : la sécurisation du campus social et la nécessité de réformes structurelles pour éviter l’engorgement du système.
Face aux incidents récurrents enregistrés ces dernières années, le chef du gouvernement a annoncé avoir saisi le ministre de l’Intérieur pour étudier l’implantation éventuelle d’un commissariat au sein du campus social. « C’est un quartier comme tous les quartiers », a-t-il justifié, estimant qu’un dispositif permanent pourrait permettre un meilleur encadrement sécuritaire dans un espace qui concentre des dizaines de milliers d’étudiants.
L’objectif affiché est clair : prévenir les violences, protéger les étudiants et garantir la continuité des activités académiques dans un environnement plus stable.
Au-delà de la question sécuritaire, Ousmane Sonko a soulevé celle, plus structurelle, de la saturation de Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Selon lui, regrouper environ 25 000 étudiants sur un même site pose des contraintes majeures en termes d’infrastructures, de pédagogie et de conditions de vie.
Le Premier ministre a ainsi révélé que les ministres chargés de l’Économie et de l’Enseignement supérieur travaillent sur un projet de délocalisation de certains amphithéâtres, voire d’une partie des infrastructures universitaires, afin d’offrir un cadre plus adapté à la croissance des effectifs.
Pour le chef du gouvernement, ces ajustements ne relèvent pas d’options secondaires mais d’une nécessité stratégique. Il a promis des réformes « pour que l’université ne meure pas », insistant sur l’impératif de préserver la performance académique et d’assurer aux étudiants des conditions d’apprentissage dignes.
Enfin, Ousmane Sonko a assuré que l’État prendra « toutes les mesures nécessaires », laissant entendre que la modernisation du système universitaire s’inscrit désormais parmi les priorités de l’exécutif.
EL FAYE

