LA FRANCE PIÉGÉE PAR SA PROPRE ARME

LA FRANCE PIÉGÉE PAR SA PROPRE ARME

La France piégée par des faits de jeu. Le dispositif défensif basé sur un regroupement profond est une bonne parade pour piéger un adversaire. Mais quand celui-ci est techniquement au top, le regroupement défensif devient un piège. C’est ce qui est arrivé à la France sur les 2 buts encaissés. Ce manque de réaction défensive est dû à 2 choses : la rapidité et la vivacité des Espagnols, ainsi que leur capacité à provoquer des fautes dans la surface.

Quand vous laissez la balle à l’adversaire, il peut en faire ce qu’il veut. Les Espagnols ont répété la leçon sénégalaise en 1re mi-temps, avec en plus cette réussite qui sourit aux équipes qui jouent le ballon, mais aussi les contacts dans la surface. Cela aussi est une leçon de football.

La France a l’habitude de jouer dans les espaces. L’Espagne, elle, joue les accélérations et les anticipations dans la surface. Le regroupement profond mis en place par Didier Deschamps a été mis en déroute par les véloces Espagnols.

Quand on laisse le ballon à l’Espagne, on compacte certes sa défense. On joue les contres et les espaces.

Cela a marché contre certaines équipes non bien préparées physiquement, techniquement et tactiquement, comme le Sénégal, la Norvège, l’Irak et le Paraguay.

Contre une équipe au top techniquement, le verrou ne protège plus. Il t’enferme.

POURQUOI ÇA A SAUTÉ SUR LES 2 BUTS

Il y a 2 poisons :

La vitesse d’exécution espagnole : L’Espagne ne fait pas 20 passes pour le plaisir. 1-2-3 et c’est dans la surface. Quand tu es regroupé à 30 m, tu n’as pas le temps de sortir. Tu subis.

L’art de provoquer la faute : L’Espagne joue les « accélérations dans la surface ». Petit crochet, contact, sifflet.

Quand tu défends dans ta surface pendant 70 min, tu finis par faire une faute. C’est mathématique.

Leçon sénégalaise répétée : En 1re mi-temps au Mondial 2002, le Sénégal avait déjà montré ça à la France. Garde le ballon, bouge vite, provoque. La France n’a rien appris.

LE FOOTBALL A CHANGÉ

La France = Équipe de transition. Elle vit dans les espaces laissés par l’adversaire.

L’Espagne = Équipe de surface. Elle crée ses propres espaces avec des appels, des 1-2 et des dribbles.

Quand tu donnes le ballon à une équipe qui vit dans la surface… tu lui donnes les clés de la maison.

LA LEÇON DU FOOTBALL

« Quand tu laisses la balle à l’adversaire, il peut en faire ce qu’il veut. »

Et si, en plus, il est adroit techniquement et intelligent dans la surface, tu perds.

Le regroupement défensif est une bonne parade. Mais contre des chirurgiens, c’est un piège. Tu leur donnes le temps d’opérer.

C’est exactement notre problème aussi.

On a le physique, la vitesse. Mais on donne trop le ballon.

Et le jour où on tombe sur une Espagne technique, le « bloc bas » devient une punition.

La solution pour le futur : Il faut qu’on apprenne à « jouer les accélérations dans la surface », nous aussi. Pas seulement subir.

Mamadou Kassé
Journaliste

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