La section du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK) a exprimé, lundi à Dakar, sa vive inquiétude face à la situation que traverse l’établissement. Lors d’un point de presse, les responsables syndicaux ont dressé un tableau alarmant des difficultés auxquelles est confrontée l’université, estimant que l’avenir de plus de 60 000 étudiants est aujourd’hui menacé.
Selon le coordonnateur de la section locale du Saes, Mouhamadou Lamine Sarr, l’institution est plongée dans une crise multidimensionnelle marquée par des insuffisances infrastructurelles, des contraintes budgétaires persistantes, des difficultés de connectivité et des problèmes de gouvernance qui affectent son fonctionnement quotidien.
L’une des préoccupations majeures soulevées par les enseignants concerne le retard accusé dans le démarrage effectif de l’année universitaire 2025-2026. Alors que les vacances académiques approchent à grands pas, les étudiants orientés depuis octobre 2025 attendent toujours le lancement normal des enseignements.
Pour le syndicat, cette situation constitue un signal particulièrement inquiétant pour un établissement dont le modèle repose essentiellement sur l’enseignement à distance et l’utilisation des technologies numériques. Les responsables du Saes redoutent les conséquences pédagogiques et académiques d’un tel retard sur le parcours des étudiants.
Au-delà des difficultés liées à l’organisation des enseignements, les syndicalistes dénoncent également plusieurs dysfonctionnements dans la gouvernance de l’université. Ils évoquent notamment la faible tenue des réunions des instances académiques, la mise à l’écart de certains organes de décision, ainsi que des ruptures de contrats de travail intervenues, selon eux, sans concertation préalable.
Le Saes pointe aussi du doigt un manque de transparence dans certaines procédures de recrutement administratif, estimant que ces pratiques contribuent à fragiliser davantage le climat interne de l’établissement.
Selon les responsables syndicaux, les seize derniers mois ont été marqués par une détérioration progressive du dialogue social et par une remise en cause de plusieurs acquis obtenus au fil des années. Ils regrettent une gestion qu’ils jugent insuffisamment participative et peu favorable à la concertation avec les différents acteurs de la communauté universitaire.
Malgré ce contexte difficile, le syndicat a tenu à saluer les efforts consentis par les enseignants, le personnel administratif et les étudiants pour maintenir la continuité pédagogique. D’après ses responsables, l’engagement de l’ensemble de la communauté universitaire a permis à l’UN-CHK de préserver ses performances et de consolider sa place parmi les établissements de référence dans le domaine de l’enseignement supérieur numérique au Sénégal.
Face à ce qu’il considère comme une situation d’urgence, le Saes interpelle les autorités étatiques ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Le syndicat réclame des mesures rapides afin de rétablir un fonctionnement normal de l’université et de garantir aux étudiants des conditions d’apprentissage adéquates.
En attendant une réaction des autorités compétentes, la section syndicale appelle ses membres à rester mobilisés. Elle prévient qu’en l’absence de réponses concrètes à ses revendications, d’autres formes d’action pourraient être envisagées dans les prochaines semaines pour faire entendre les préoccupations de la communauté universitaire.
EL IBRAHIMA FAYE

