Thiès se dote d’un hub halieutique de nouvelle génération

Thiès se dote d’un hub halieutique de nouvelle génération

La région de Thiès vient de franchir une étape décisive dans la transformation de son secteur halieutique avec l’inauguration du marché central au poisson, une infrastructure moderne portée par l’État à travers l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM). La cérémonie a été présidée par la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Fatou Diouf, qui a salué un investissement stratégique de plus de deux milliards de FCFA, entièrement financé sur fonds propres.

Implanté à Diassap, sur l’axe structurant Thiès–Tivaouane, le nouveau marché a été conçu comme un véritable pôle régional de distribution des produits de la mer. L’ambition affichée est claire : doter la filière d’un outil conforme aux normes sanitaires internationales, capable de renforcer la conservation, la traçabilité et la compétitivité des produits halieutiques.

Érigée sur une superficie de 3 200 m², l’infrastructure peut traiter jusqu’à 8 000 tonnes de poisson par an. Elle est équipée de 300 étals modernes, d’espaces spécialisés pour l’écaillage et la préparation, de cinq chambres froides de grande capacité et de deux unités de production de glace, essentielles pour la maîtrise de la chaîne du froid.

Selon le directeur général de l’ANAM, Bécaye Diop, le projet va bien au-delà d’un simple marché. Il s’inscrit dans une approche intégrée, pensée pour améliorer les conditions de travail des acteurs. Le site comprend ainsi un bâtiment R+2 dédié au repos, une mosquée, des toilettes publiques modernes, un restaurant et des salles de réunion adaptées aux échanges professionnels.

L’innovation est également environnementale. Le marché bénéficiera d’un système de traitement des eaux usées, d’un château d’eau assurant une alimentation continue, et d’une autonomie énergétique solaire destinée à couvrir l’éclairage public et l’adduction d’eau.

Pour la ministre Fatou Diouf, cette infrastructure répond à des faiblesses structurelles longtemps observées dans la région : pertes post-captures importantes, insuffisances dans la chaîne du froid et désorganisation des circuits de commercialisation. Elle a rappelé le rôle central de Thiès dans l’économie halieutique nationale, avec des débarquements annuels dépassant 130 000 tonnes, pour une valeur estimée à plus de 80 milliards de FCFA, issus de la Petite et de la Grande Côte.

La présence de 54 fermes aquacoles dans la région illustre également la diversification en cours du secteur, un potentiel qui, selon la ministre, nécessitait impérativement des infrastructures modernes et adaptées aux exigences du marché.

Aligné sur la Lettre de politique sectorielle 2025-2029 et la Vision Sénégal 2050, le marché central au poisson de Thiès est présenté comme un tournant majeur dans la modernisation de la filière. « C’est la fin de l’informel, de la précarité et des pertes évitables », a affirmé la ministre.

Appelant à une appropriation responsable de l’ouvrage, Fatou Diouf a insisté sur la mise en place d’une gestion professionnelle et transparente, condition essentielle pour assurer la durabilité du site, l’entretien des équipements et l’amélioration durable des revenus des pêcheurs, mareyeurs, femmes transformatrices et transporteurs. Avec ce nouvel outil, Thiès s’impose plus que jamais comme un maillon central de la chaîne halieutique nationale, reliant production, transformation et consommation.

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