Le football sénégalais connaît aujourd’hui des tensions internes préoccupantes au sein de son Comité Exécutif (COMEX). Ces crispations, nées autour des distinctions et avantages accordés après le sacre continental, révèlent surtout un déficit de mécanismes clairs de gouvernance.
Il est essentiel de rappeler une règle fondamentale : les décorations républicaines obéissent à des critères précis et ne peuvent, par nature, être attribuées à l’ensemble des membres d’une instance dirigeante. De même, les primes et avantages matériels ne peuvent concerner que les acteurs directement impliqués dans une mission donnée.Par le passé, cette question était encadrée par un mécanisme éprouvé : la liste officielle de délégation. Pour chaque compétition, la Fédération proposait une liste validée par le Ministère des Sports, identifiant clairement les personnes mandatées et ayant droit aux avantages liés à la mission.
Ce dispositif garantissait transparence et équité. Son affaiblissement progressif explique en grande partie les incompréhensions actuelles.Il faut également rappeler qu’une fédération ne se limite pas à l’équipe nationale A. Le Comex couvre de nombreux secteurs : football local, formation, arbitrage, petites catégories, football féminin, développement. Tous les membres ne peuvent ni ne doivent être concentrés autour des Lions.
L’efficacité d’un dirigeant se mesure à la qualité de son travail dans son domaine de compétence, et non à sa présence dans les avions et les hôtels.Pour prévenir de futures crises, la FSF doit impérativement se doter de règles formalisées : un protocole clair de constitution des délégations, des critères précis d’attribution des distinctions, une procédure transparente pour les primes et une répartition fonctionnelle des responsabilités.
La crise actuelle doit servir d’alerte constructive. La gouvernance sportive moderne exige transparence, éthique et sens de l’intérêt général. Les dirigeants doivent se rappeler qu’ils sont au service du football et non l’inverse.Le Sénégal a besoin d’une Fédération unie et exemplaire. La FSF à davantage besoin de dirigeants qui pensent à ce qu’ils peuvent apporter au football qu’à ce que le football peut les apporter.
Souleymane Boun Daouda DIOP
Directeur Général Cabinet Conseil SERISE-SARL

