SUPPORTERS SÉNÉGALAIS EN OTAGE: QUAND SE PROTÉGER DEVIENT UN DÉLIT

SUPPORTERS SÉNÉGALAIS EN OTAGE: QUAND SE PROTÉGER DEVIENT UN DÉLIT

Depuis quand et selon quelle loi se protéger contre la violence devient-il un délit ? La question mérite d’être posée aux spécialistes du droit. Les supporters sénégalais retenus au Maroc après la finale de la CAN 2025 sont au nombre de 17 (en plus d’un Algérien selon les sources), et ils sont originaires de différentes régions du Sénégal.Mais, mus par le même désir d’honorer le drapeau de leur pays, ils ont formé un bouclier pour protéger les autres des sévices des Marocains. Ils se sont défendus les mains nues et, par bonheur, avec des chaises balancées par leurs adversaires.

Certains, voire la majorité, sont membres de groupes de supporters historiques, tels que le « 12e Gaïndé ».Les familles de ces supporters sont très inquiètes et attendent des nouvelles de leurs proches. Sans doute reçoivent-elles des informations de façon officieuse, directe et confidentielle.La FSF (Fédération sénégalaise de football) et l’État sénégalais sont censés suivre la situation de près, mais il n’y a pas d’information officielle sur les démarches entreprises pour leur libération.L’avocat des supporters, Me Patrick Kabou, est le principal contact pour les familles et il a indiqué que les supporters sont toujours en détention provisoire, en attente de leur comparution devant la justice marocaine.Il est important de noter que les supporters ont entamé une grève de la faim pour protester contre les retards et les obstacles dans leur procès.Ces supporters sénégalais retenus après la CAN sont sans doute des pères et des soutiens de famille et doivent surtout bénéficier de l’assistance de la FSF.

Ils ont laissé femmes et foyers pour aller au Maroc. En dehors de l’avocat, qui informe sur leur situation, personne n’en parle, sauf de rares journalistes.On n’a aucun retour d’information officielle ni de la FSF ni de l’État et les familles des supporters sont sur le qui-vive. Qui sont ces supporters ? Sont-ils d’Allez Casa, de Lébou Gui ou du 12e Gaïndé ? D’où viennent-ils ? Quelles sont les familles ? Cette dimension affective et émotionnelle mérite une stratégie.Au-delà des supporters, ce sont des familles entières qui attendent le dénouement de cette affaire qui s’apparente à une prise d’otages pour des jeunes partis célébrer la fête du football.

Mamadou Kassé

Journaliste

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