Interpellé à l’Assemblée nationale lors des Questions d’actualité au Gouvernement, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a défendu l’arrivée de Starlink sur le marché sénégalais, en mettant en avant un cadre réglementaire strict et une stratégie assumée d’inclusion numérique.
Face aux interrogations des députés sur les conditions d’implantation de l’opérateur satellitaire, le ministre a assuré que son dossier a été instruit « avec la même exigence » que ceux des autres acteurs du secteur. L’entreprise bénéficie d’une licence d’exploitation d’une durée de cinq ans, soumise à un contrôle annuel destiné à évaluer le respect des obligations techniques, financières et contractuelles.
Au-delà de la dimension réglementaire, l’exécutif voit dans cette ouverture une opportunité stratégique. L’ambition affichée est claire : connecter un million de Sénégalais supplémentaires, en ciblant en priorité les territoires enclavés ou insuffisamment couverts. Devant les parlementaires, Alioune Sall a revendiqué les avancées réalisées en deux ans, affirmant que les bases d’une connectivité « plus universelle, plus accessible et plus inclusive » ont été posées.
Le diagnostic reste cependant préoccupant. Près de sept millions de citoyens demeurent exclus d’Internet. Plus de 500 localités sont classées en zones blanches, sans aucune couverture réseau, tandis qu’environ 1 000 autres souffrent d’une connexion instable ou de faible qualité. Autant de fragilités structurelles qui freinent l’accès aux services publics numériques, à l’éducation en ligne ou encore à l’économie digitale.
Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a pour sa part salué l’entrée de Starlink, qu’il considère comme un levier d’accélération des réformes en cours. Il a notamment évoqué le projet de « dossier unique du patient », pierre angulaire de la modernisation du système de santé, dont l’efficacité dépend d’une connectivité fiable sur l’ensemble du territoire.
Entre impératif de souveraineté numérique et nécessité d’élargir l’accès au réseau, le gouvernement assume une ligne de crête : accueillir de nouveaux opérateurs tout en renforçant l’encadrement et le contrôle public. Pour l’exécutif, l’accès à Internet ne relève plus du confort technologique, mais constitue désormais un vecteur central de transformation économique, sociale et institutionnelle.
El Faye

