Multiplicité des séries, faible mobilité entre les filières, lenteurs organisationnelles et difficultés de gestion des effectifs : tels sont les principaux dysfonctionnements relevés par la commission technique chargée de la réforme du baccalauréat, selon un document du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation exploité par Le Soleil.
L’objectif affiché par les autorités est de moderniser l’examen afin de l’adapter aux exigences du développement économique et social, tout en assurant sa cohérence avec les politiques nationales d’éducation, de formation professionnelle et d’enseignement supérieur, ainsi qu’avec les orientations de l’Uemoa.
Mise en place en novembre dernier, la commission est présidée par le directeur général de l’Enseignement supérieur et regroupe plusieurs acteurs du système éducatif, notamment l’Office du baccalauréat, l’Inspection générale de l’éducation et de la formation, les universités et les Instituts supérieurs d’enseignement professionnel (Isep). Son diagnostic se veut sans complaisance.
Un système jugé complexe et peu flexible
La commission pointe une multiplication des séries, aujourd’hui au nombre de 18, qui entraîne une lourdeur administrative et des effectifs parfois très faibles dans certaines filières. Elle relève également une orientation précoce et souvent subie par les élèves, ainsi qu’une faible mobilité entre les filières, facteur d’échec en licence dans les universités.
D’autres difficultés sont évoquées, notamment le rattachement institutionnel jugé inadapté de l’Office du baccalauréat, le manque de célérité dans l’organisation de l’examen, l’absence d’imprimerie dédiée, les problèmes liés à la confection et au convoyage des sujets, ainsi que la question des rémunérations des acteurs impliqués.
Le document mentionne aussi l’existence de séries inactives depuis leur création en 2013, comme les séries S1-AR et S2-AR. La série L-AR, quant à elle, n’est dispensée que dans des établissements privés, et ses bacheliers rencontrent des difficultés d’orientation dans les universités publiques.
La commission estime par ailleurs que l’augmentation des droits d’inscription est devenue inévitable. Ceux-ci sont passés de 3 200 FCFA en 1974 à 4 800 FCFA en 1987, puis arrondis à 5 000 FCFA en 2000, alors que le coût réel par candidat est aujourd’hui estimé à 32 000 FCFA.
Elle souligne également une déconnexion entre certaines séries du secondaire, l’enseignement supérieur et les besoins du marché de l’emploi.
Vers un socle commun et quatre grands parcours
Parmi les principales recommandations figure une refonte de l’architecture du baccalauréat. La commission propose la mise en place d’un socle commun national obligatoire pour tous les candidats, comprenant notamment les langues, les mathématiques, les sciences et technologies, le numérique et l’intelligence artificielle, les sciences humaines, la philosophie et l’éthique, ainsi que l’éducation physique et sportive.
Elle préconise également la réduction des 18 séries actuelles en quatre grands parcours :
- Sciences, numérique et innovation, regroupant les séries S1, S2, S1A, S2A et F6 ;
- Technologies et industries, avec les séries STIDD et S3 ;
- Agriculture, environnement et agroalimentaire, réunissant les séries S4 et S5 ;
- Économie, gestion et sciences sociales, comprenant les séries STEG, L2, LA, LAR, L1, L1A et L1B.
La commission recommande en outre de doter l’Office du baccalauréat d’une autonomie financière et administrative, de relever les droits d’inscription à 10 000 FCFA, d’augmenter la subvention de l’État et de revoir les textes réglementaires afin d’améliorer la gestion et la motivation des acteurs du système.
Selon ses membres, ces réformes pourraient contribuer à rationaliser l’examen et à mieux l’arrimer aux besoins de l’enseignement supérieur et du marché du travail.

