Refonder un système éducatif, c’est « rebâtir » en s’attaquant aux racines du mal ou d’un supposé mal. C’est considérer qu’il faut élaborer un/des référentiel(s) qui s’adapte(nt) aux réalités locales et internationales. C’est, normalement, s’inscrire dans la perspective d’une élaboration d’une nouvelle loi d’orientation de l’Éducation nationale qui trace les finalités de l’école du XXIe siècle. Il est, dès lors, question de proposer des contenus – non pas seulement sénégalais et africains – capables de déconfiner les imaginaires actuels des jeunes Sénégalais, des contenus réalistes aptes à installer des compétences stratégiques et durables.
Il est impératif d’éviter le piège déconcertant du chauvinisme ou l’effervescence des mémoires alambiquées propulsées au rang de discipline au détriment de l’histoire qui, elle aussi, ne devrait pas être utilisée comme une dystopie qui permettrait à des apprenants de voir « la vie dans le rêve d’autrui ». Il faut une école qui permet, concrètement, aux apprenants d’opérer une réflexion critique sur leur environnement, une opération de remise en question qui leur éloigne des évidences, mais une opération de conceptualisation permanente qui leur permettrait de surmonter les apories de la vie.
Il s’agit de produire des/un référentiel(s) qui aide(nt) à dépasser l’affection outrecuidante et immobilisante pour s’inscrire dans des perspectives mondiales concurrentielles.Ce processus exige, d’une part, des concertations poussées et inclusives, d’autre part, la nécessité pour certains acteurs de s’extirper du « piège de l’indispensabilité ».
Dr. Mamadou Yéro BALDÉ
Enseignant-chercheur au département Histoire-Géographie, FASTEF/UCAD

