Le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal, Mody Guiro, est revenu sur le bilan du pacte de stabilité sociale signé il y a près d’un an entre le gouvernement et les centrales syndicales. Une initiative qui visait à apaiser le climat social dans un contexte marqué par la baisse du pouvoir d’achat et la multiplication des revendications salariales.
Selon lui, de nombreuses personnes évoquent cet accord sans en connaître réellement les fondements. Il précise que ce pacte concerne principalement les centrales syndicales et non uniquement certains secteurs comme l’éducation ou la santé, souvent plus visibles dans les mouvements sociaux. « Nous, les centrales syndicales, ne sommes pas descendues dans la rue. La dernière grève générale remonte à l’époque de Abdoulaye Wade », a-t-il rappelé, soulignant que ce type de mobilisation touche l’ensemble de l’économie nationale.
Mody Guiro explique que la signature du pacte est intervenue dans un contexte de revendications salariales liées à la chute du pouvoir d’achat. Il précise également que la nouveauté de cet accord réside dans sa signature conjointe par les centrales syndicales et certains syndicats professionnels, à la demande de l’État.
Toutefois, il insiste sur un point important : la signature d’un pacte de stabilité ne signifie pas la fin des mouvements sociaux. « Signer un pacte ne veut pas dire que les travailleurs ne peuvent plus faire grève », a-t-il souligné, rappelant que lorsque l’État négocie directement avec certains secteurs, les centrales syndicales ne sont pas toujours associées aux discussions.
Le responsable syndical estime également que l’État doit respecter les engagements pris lors des négociations. Selon lui, le manque d’anticipation et l’absence de réponses aux alertes des syndicats contribuent souvent à la montée des tensions sociales. « Les syndicats appellent parfois au dialogue sans obtenir d’écho. Ce n’est que lorsque les manifestations commencent que les discussions reprennent », a-t-il regretté.
Concernant le bilan du pacte, Mody Guiro considère que les centrales syndicales ont jusqu’à présent respecté leur engagement de privilégier la stabilité. Toutefois, il s’inquiète de certaines situations, notamment les licenciements, qui risquent de raviver les tensions.
Il évoque notamment les espoirs suscités par une rencontre avec l’ancien ministre Abass Fall, restée selon lui sans suite concrète. « Nous croyons au dialogue, mais il doit être sincère. C’est la seule solution durable. Les menaces ne font qu’aggraver la situation », a-t-il conclu.
EL FAYE

