La disparition tragique de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue lundi dans l’enceinte de l’Université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) lors de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, continue de provoquer une vive émotion nationale. L’onde de choc a gagné l’Assemblée nationale, où majorité et opposition ont, d’une même voix, réclamé une enquête rapide, rigoureuse et transparente.
Les débats se tenaient dans le cadre de l’examen du projet de loi portant création de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLPL), mais l’actualité a rapidement pris le dessus. Plusieurs députés, parmi lesquels Ayib Daffé, Me Abdoulaye Tall, Thierno Alassane Sall, Abdou Mbow et Guy Marius Sagna, ont interpellé la ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall, sur les circonstances du drame et la nécessité de situer les responsabilités.
Au nom du groupe parlementaire PASTEF/Les Patriotes, Ayib Daffé a rappelé que des enquêtes ont été ouvertes et a insisté sur leur aboutissement rapide. « Nous espérons qu’elles permettront de déterminer clairement les circonstances de ce drame et d’identifier les responsabilités », a-t-il déclaré, traduisant une attente largement partagée au sein de l’hémicycle.
Mais les interrogations persistent. Des éléments d’autopsie relayés par certains médias évoquent des violences subies par l’étudiant en deuxième année de médecine lors des affrontements. Une version que le parquet nuance. Dans un communiqué publié samedi, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a affirmé qu’« à ce stade, les éléments disponibles ne corroborent pas les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime ».
Entre informations contradictoires, pression de l’opinion et tension persistante sur le campus, l’affaire Abdoulaye Ba dépasse désormais le seul cadre universitaire. Elle constitue un test pour l’institution judiciaire, appelée à établir les faits avec impartialité dans un contexte politiquement et socialement sensible.
Au-delà des clivages partisans, les députés ont affiché une position commune : faire toute la lumière sur cette mort tragique et restaurer la confiance, alors que le climat demeure électrique au sein de la communauté universitaire.
EL FAYE

