Les relations entre le Royaume du Maroc et la République du Sénégal s’inscrivent dans une trajectoire exceptionnelle, façonnée par une fraternité ancienne et une convergence durable de valeurs. Pour l’ambassadeur du Maroc à Dakar, Hassan Naciri, ce partenariat dépasse le cadre diplomatique classique : il repose sur des liens humains, spirituels et culturels profondément enracinés, hérités de siècles d’échanges et de solidarité.
Dans un entretien accordé au quotidien Le Soleil à l’occasion d’un dossier spécial publié en juillet 2025, le diplomate a souligné le caractère unique de cette coopération, portée par une volonté politique constante au plus haut niveau. Selon lui, les dirigeants des deux pays ont, génération après génération, œuvré à bâtir une relation gagnant-gagnant, guidée par une vision commune du développement, de la stabilité et de l’unité du continent africain.
Sur le plan politique, Hassan Naciri évoque une proximité rare entre Rabat et Dakar. Depuis l’accession du Sénégal à l’indépendance, les souverains marocains et les présidents sénégalais ont entretenu des relations marquées par la confiance, la fidélité et le respect mutuel. Cette entente s’est manifestée très tôt, notamment par l’engagement du Maroc aux côtés du Sénégal en 1960, lorsque le Royaume fut coauteur de la résolution ayant permis l’admission de Dakar aux Nations unies.
L’ambassadeur a également rappelé des épisodes hautement symboliques de cette histoire partagée, tels que l’accueil réservé à feu le Roi Mohammed V à l’aéroport de Yoff en 1955, ou encore la participation de citoyens sénégalais à la Marche Verte de 1975, autant de moments qui témoignent d’une solidarité africaine concrète et vécue.
Au-delà de la diplomatie, la relation maroco-sénégalaise puise sa force dans une communauté spirituelle profonde. Les deux pays partagent un islam sunnite de rite malékite, imprégné de soufisme et fondé sur la tolérance, une référence religieuse commune qui, selon Hassan Naciri, confère à ce partenariat une dimension singulière, ancrée autant dans les consciences que dans les institutions.
Enfin, la proximité entre les peuples constitue l’un des piliers majeurs de cette relation. Les mariages mixtes, à l’origine de milliers de familles maroco-sénégalaises, ainsi que les échanges académiques nourris par la mobilité étudiante entre les universités des deux pays, illustrent une coopération vivante et humaine.
Pour l’ambassadeur, l’addition de ces facteurs fait du Maroc et du Sénégal un exemple de relation bilatérale réussie en Afrique : une alliance solidement enracinée dans l’histoire, renforcée par un héritage commun et tournée vers une ambition partagée pour l’avenir du continent.

