Tanger, la ville du détroit de Gibraltar, s’est transformée en une véritable cité sénégalaise. Ce mercredi 14 novembre 2026, à 18 h, le stade Ibn Batouta sera le théâtre d’un choc somptueux entre deux ogres du football continental. Si l’on se fie au classement FIFA, ainsi qu’aux résultats probants du premier tour et des matchs à élimination directe, cette demi-finale de la CAN entre le Sénégal, sacré en 2022, et l’Égypte, septuple championne d’Afrique, s’annonce historique.
Une ville aux couleurs des Lions
Présents à Tanger depuis le 19 décembre, en France plus de ceux arrivés par vols spéciaux ces derniers 48 heures, les supporters sénégalais — venus du pays comme de la diaspora (France, Italie, Grande-Bretagne, Espagne, États-Unis, Golfe, Afrique de l’Ouest et du Centre…) — investissent chaque recoin de la ville. Les maillots et écharpes verts, jaunes et rouges colorent les rues, tandis que les échos du wolof fusent de partout, notamment dans la médina, où l’ambiance rappelle celle du marché Sandaga. L’objectif est clair : soutenir les Lions de Pape Thiaw pour décrocher une deuxième étoile au soir du 18 janvier.Une fraternité historique et spirituelleAu-delà du sport, ce séjour confirme la profondeur des liens entre le Maroc et le Sénégal. Des taxis aux hôtels, en passant par les riads et les cafés, les pronostics pour une finale Maroc–Sénégal vont bon train. Cette proximité s’appuie sur une histoire riche en symboles : de l’escale du roi Mohammed V à Dakar en 1955 à la contribution du roi Hassan II pour la Grande Mosquée de Dakar, sans oublier la ferveur partagée pour la Tariqa Tijaniyya. Tanger, trait d’union entre l’Europe et l’Afrique, incarne aujourd’hui cette amitié indéfectible.
L’heure de vérité : Salah contre Mané
Place désormais au terrain. Après avoir dominé leur poule, les Lions retrouvent leurs vieux rivaux égyptiens. Ce duel entre Mohamed Salah et Sadio Mané s’annonce intense : une ultime clarification entre deux anciens « frères ennemis » qui ont fait trembler l’Europe sous les couleurs de Liverpool.Ils se retrouvent une nouvelle fois face à face pour une dernière danse, portant chacun les espoirs d’un peuple.Dans cette confrontation physique, technique et mentale, l’avantage pourrait pencher en faveur du Sénégal. Les Lions disposent en effet d’un effectif flamboyant, de jeunes pousses aux dents longues et d’une parfaite connaissance de la pelouse tangéroise, où ils ont disputé l’intégralité de leurs cinq premiers matchs de la compétition.
On gagne ou on gagne
Au-delà de la tactique, que je laisse aux spécialistes et techniciens du football, ce match est une célébration de la vitalité du football africain. Dans les gradins d’Ibn Batouta, le rouge, le jaune et le vert se mêleront pour pousser leurs équipes et offrir un spectacle sublime que seule la CAN peut produire. Pour le Sénégal, il ne s’agit pas seulement de gagner, mais de confirmer son statut de favori annoncé et assumé, porté par une armada de joueurs talentueux : Mané, Diatta, Mbaye, Koulibaly, Niakhaté, Diarra, Gana, E. Mendy, P. Ciss, P. Gueye, I. Jacobs…Que le spectacle soit sublime et grandiose !
Moustapha Niang
Supporter des Lions de la Téranga à Tanger

