Le secrétaire d’État au Logement, Momath Talla Ndao, a dressé un état des lieux sans détour du secteur de l’habitat, mettant en avant à la fois les contraintes héritées et les réformes engagées.
Premier constat : un passif conséquent marqué par des projets inachevés. Selon lui, 19 milliards de FCFA ont déjà été mobilisés par l’État pour relancer plusieurs chantiers hérités de la précédente gestion. Mais l’enveloppe globale nécessaire pour finaliser ces programmes est estimée à 27 milliards de FCFA, dont une dizaine de projets jugés prioritaires.
Le programme des 100 000 logements en deçà des attentes
Le responsable gouvernemental a également livré un bilan critique du programme des 100 000 logements. Sur l’objectif initial, environ 1 500 unités auraient été réalisées, dont près de 700 seulement considérées comme réellement habitables.
Une performance jugée insuffisante, qu’il attribue à des dysfonctionnements de gouvernance et à l’abandon de plusieurs chantiers en cours d’exécution. L’État affiche désormais sa volonté de finaliser ces projets avant d’enclencher une nouvelle dynamique.
Des outils institutionnels à consolider
Au-delà des retards, les autorités mettent en avant les acquis structurels du secteur. Parmi eux : la création du Fonds de l’habitat, l’arsenal juridique issu de la loi de 2016, ainsi que des instruments opérationnels comme la Société d’aménagement foncier et de rénovation urbaine (SAFRU).
Ces dispositifs devraient toutefois être renforcés. Une révision du cadre légal est annoncée, de même qu’une redéfinition des missions des structures de financement et d’aménagement, dans l’optique d’améliorer la coordination et l’efficacité des interventions publiques.
Un déficit estimé à 500 000 logements
L’ampleur du défi demeure considérable. Le gouvernement évoque un déficit structurel évalué à environ 500 000 logements, sur la base de projections issues d’études démographiques et urbaines. Chaque année, près de 20 000 unités viendraient s’ajouter à ce gap, dans un contexte d’urbanisation accélérée et de pression croissante sur la région de Dakar.
Face à ces indicateurs, l’exécutif revendique une approche progressive. Plutôt que d’annoncer des objectifs chiffrés immédiats, il entend poser les bases d’une production massive et durable. Cela suppose, selon les autorités, une meilleure connaissance du marché, à travers la constitution de données statistiques fiables sur les besoins réels, leur typologie et leur répartition territoriale.
Une condition présentée comme essentielle pour bâtir une politique du logement cohérente, capable de répondre à la demande sociale tout en assurant la viabilité économique des programmes à venir.
EL FAYE

