Le baptême du feu a tourné à la démonstration de caractère. Pour son premier match sur le banc de l’Olympique de Marseille au Stade Vélodrome, Habib Beye a signé une victoire renversante (3-2) face au rival de l’Olympique Lyonnais, ce dimanche 1er mars 2026, en clôture de la 24e journée de Ligue 1.
Dans un stade incandescent, le scénario a frôlé l’irréel. Lyon a frappé d’entrée (3e), refroidissant le Vélodrome avant même que les Marseillais ne trouvent leur rythme. Les Phocéens ont égalisé, mais les Gones ont repris l’avantage à la 76e minute. Dos au mur, Marseille a pourtant trouvé les ressources pour inverser le cours du match grâce à un doublé de Pierre-Emerick Aubameyang (81e, 90+1). Une fin de rencontre explosive qui a fait chavirer l’enceinte phocéenne.
Ce succès met fin à une série délicate. L’OM n’avait plus gagné en championnat depuis le 24 janvier (3-1 contre Lens) et restait sur deux défaites consécutives. Avec 43 points, Marseille se hisse à la 4e place et revient à deux longueurs seulement de Lyon, troisième.
Un coaching gagnant
Au-delà du résultat, c’est l’empreinte tactique du technicien sénégalais qui a marqué les esprits. Beye a délaissé le 3-4-3 de son prédécesseur pour installer un 4-3-3 plus équilibré, avec un Geoffrey Kondogbia précieux dans l’entrejeu.
Menés à la pause (0-1), les Marseillais ont profité des ajustements opérés par leur entraîneur. L’entrée de Paixão a changé la physionomie du match : but égalisateur, passe décisive pour Aubameyang, puis avant-dernière passe sur le but victorieux. Autre coaching payant, l’intégration en seconde période d’Ethan Nwaneri, passeur décisif sur l’un des buts de l’attaquant gabonais.
Plus encore que les changements d’hommes, c’est le changement de philosophie qui saute aux yeux. L’OM version Beye joue plus vertical, plus intense, avec un contre-pressing agressif et une volonté d’aller vite vers l’avant. Une rupture assumée avec un jeu parfois trop lent et prévisible ces dernières semaines.
Un tournant avant la Coupe
Le soulagement était visible au coup de sifflet final. « On a mis énormément d’intensité (…) les garçons sont restés concentrés », a confié Beye, savourant un scénario « renversant », à l’image de l’ADN marseillais.
Mais le répit sera de courte durée. Dès ce mercredi 4 mars, Marseille recevra Toulouse en quart de finale de la Coupe de France. Une compétition qui représente une véritable obsession pour le club, sacré pour la dernière fois en 1989. L’élimination précoce du PSG ouvre d’ailleurs une fenêtre d’opportunité inattendue.
Pour Habib Beye, l’enjeu est aussi intime. L’ancien défenseur a perdu deux finales avec l’OM, en 2006 face à Paris et en 2007 contre Sochaux. Vingt ans plus tard, il pourrait bien tenter d’exorciser le sort… cette fois, depuis le banc.
EL FAYE

