Le tombeau des empires : comment l’Iran a enterré vivant le mythe américain au Moyen-Orient

Le tombeau des empires : comment l’Iran a enterré vivant le mythe américain au Moyen-Orient

Ce que nous vivons depuis six jours n’est pas une simple escarmouche de plus dans le bourbier moyen-oriental. C’est un séisme. C’est le Jugement dernier de la hubris occidentale. Alors que les chaînes d’information tournent en boucle sur des analyses géopolitiques fades, la réalité, brutale et implacable, se déroule sous nos yeux : l’Iran vient d’infliger aux États-Unis sa plus grande humiliation militaire depuis l’incendie de Washington en 1812. Et cette fois, le traumatisme est existentiel.

Oublions les euphémismes diplomatiques. En l’espace de 96 heures, la République islamique a transformé des décennies d’investissements américains – ces milliards de dollars saupoudrés pour construire des « bases inexpugnables » au Koweït, au Qatar, en Arabie saoudite – en un gigantesque brasier. Les radars à 300 millions de dollars, les abris renforcés, les bunkers supposés inviolables : tout est réduit en cendres. Pearl Harbor n’était qu’une attaque surprise sur une flotte au mouillage. Aujourd’hui, c’est une claque méthodique, une démonstration de force souveraine qui expose la vulnérabilité obscène de l’armée la plus chère du monde.

Et où est la réponse ? Où est le rouleau compresseur américain ? Il n’existe pas.

Le silence médiatique assourdissant orchestré par la censure est l’aveu le plus criard de la déroute. Pendant la guerre du Golfe en 1991, on nous abreuvait d’images nocturnes féériques de « bombes intelligentes ». Aujourd’hui, alors que l’armée américaine est censée pilonner l’Iran, nous ne voyons rien. Pas une seule image d’un F-35 survolant Téhéran. Pourquoi ? Parce qu’ils n’y sont pas. L’armée américaine est aveugle, clouée au sol, impuissante face à une puissance qui a appris à frapper là où ça fait mal sans avoir à poser un soldat sur le sol ennemi.

Le ridicule de la proposition de Donald Trump d’escorter des pétroliers dans le détroit d’Ormuz est à la hauteur de la tragédie. Escorter quoi ? Avec quels navires ? Envoyer la flotte américaine se faire déchiqueter par des milliers de missiles, c’est la proposition désespérée d’un empire en délire, incapable d’admettre qu’il a perdu la clé de la mer.

Israël, de son côté, assiste à ce naufrage en tremblant. L’État hébreu, qui a bâti sa stratégie de survie sur l’épaule du géant américain, regarde ce géant vaciller et perdre ses membres un à un. L’idée grotesque d’armer des milices kurdes pour « envahir » l’Iran montre le niveau de délire stratégique qui règne à Tel-Aviv et à Washington. L’Iran n’est pas Gaza. L’Iran est un continent, une civilisation, dont l’arsenal et les infrastructures sont enfouis si profondément sous ses montagnes que ni les bombes perforantes américaines, ni les fantasmes israéliens ne pourront les atteindre.

Que reste-t-il de l’OTAN dans cette équation ? Rien. Une coquille vide. Les capitales européennes regardent, tétanisées, ce qui se passe, priant pour que le souffle de l’humiliation américaine ne les emporte pas. L’Alliance atlantique, censée protéger l’Occident, est totalement absente du champ de bataille, prouvant qu’elle n’est qu’un outil politique, et non une véritable force de projection.

Ce qui se joue ici, c’est la fin d’un monde. La fin de l’unipolarité américaine au Moyen-Orient. Les bases sont détruites, les soldats évacuent ou brûlent, et plus jamais les États-Unis ne pourront dicter leur loi de Riyad à Bagdad. L’hégémon est mort sur place.

À l’issue de cette guerre – et elle est déjà jouée – l’Iran ne sortira pas seulement vainqueur. Il sortira comme la nouvelle puissance tutélaire du Proche-Orient. C’est Téhéran qui dictera les conditions du passage du pétrole. C’est Téhéran qui étendra son ombre sur les capitales arabes, désormais orphelines du parapluie américain.

L’Amérique et Israël sont devenus aveugles. Ils ont déclenché un incendie sans issue, et ils brûlent avec. Le monde de demain ne ressemblera à rien de ce que nous avons connu. Le centre de gravité du pouvoir a basculé. Il est désormais persan.

Bienvenue dans le nouvel ordre mondial.

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