LE COMBAT CONTRE LES DÉVIANCES SEXUELLES: UN DÉFI CONTEMPORAIN

LE COMBAT CONTRE LES DÉVIANCES SEXUELLES: UN DÉFI CONTEMPORAIN

Qui veut casser le commun vouloir de vie commune qui a accompagné la société sénégalaise ? Depuis la vague de migrations de l’Égypte ancienne et la traversée du Sahara jusqu’aux côtes africaines, la société sénégalaise a vécu en harmonie, acceptant sa structuration sociale et son ouverture aux apports fécondants de l’extérieur.

Qui a intérêt à briser l’élan de ce modus vivendi par des éléments de nature à déstabiliser notre société ?

La question de l’homosexualité, dont on veut nous imposer certaines normes, fait partie des éléments de choc sociétal qui heurtent notre conscience, notre morale et nos vertus sociales.

L’homosexualité n’a jamais été un sujet tabou au Sénégal. Tout au contraire, elle a traversé notre société avec la présence d’hommes et de femmes qui, sans répondre aux normes et critères définis, sont pourtant acceptés et même tolérés dans leurs attitudes. La société sénégalaise a, en effet, toujours compris que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

C’est au nom de ce modus vivendi qu’un modus operandi a été accepté pour certaines composantes de la société, dont celles ayant des attitudes particulières.

En revanche, ce qui n’avait jamais été accepté et qui ne le sera sans doute jamais, c’est le passage à l’acte contre nature, qui constitue une rupture avec les normes de tolérance et de respect des conventions.

En voulant imposer l’homosexualité avec toutes ses déviances au monde et surtout au Sénégal, l’Occident chercherait à déstructurer la société et son pacte sacré. Il oublie que les bases de notre société s’appuient sur la Charte du Mandé, encore appelée Charte de Kurukan Fuga, et que rien ni personne ne pourra nous en écarter. L’homosexualité a toujours existé, comme dans toutes les sociétés, mais vouloir imposer les normes d’une telle minorité à une société qui a ses règles de conduite et ses religions, c’est vouloir compromettre l’existence même de cette société.

Il s’agit là d’un défi contemporain auquel le Sénégal doit faire face : comment naviguer entre l’héritage des ancêtres et les dynamiques du monde moderne sans rompre le fil de la cohésion nationale ?

La Charte du Mandé (Kouroukan Fouga), bien qu’elle date du XIIIe siècle, pose des jalons qui résonnent encore aujourd’hui.

Le défi de l’équilibre sénégalais

Le Sénégal repose sur un modèle de société souvent décrit par les concepts de « Sutura » (discrétion, retenue) et de « Teranga » (hospitalité). Ces valeurs agissent comme un ciment social, permettant de gérer les divergences sans forcément passer par l’affrontement direct.

Analyse des points de tension

Tradition & Charte du Mandé
Préserve l’identité et les structures familiales.
Peut être perçue comme rigide face aux évolutions sociales.

Libertés individuelles
Garantissent l’épanouissement personnel et les droits humains.
Peuvent être vues comme une « importation culturelle » heurtant les sensibilités locales.

Dialogue social
Permet de trouver des compromis et d’éviter la violence.
S’essouffle si les positions se radicalisent de part et d’autre.

L’importance du dialogue

La solution ne réside probablement pas dans l’imposition brutale d’une norme, qu’elle soit ancienne ou nouvelle, mais dans la capacité du pays à rester fidèle à son génie propre : la discussion sous l’arbre à palabres.

Il s’agit de protéger les droits de chacun tout en respectant le « vouloir vivre ensemble » qui définit la nation sénégalaise. C’est un exercice de haute voltige démocratique.

La Charte du Mandé, considérée comme l’une des plus anciennes constitutions au monde, bien avant la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, influence encore notre perception moderne des droits et des responsabilités.

1. La sacralité de la vie et de la personne

L’article 5 de la Charte stipule que « chacun a droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique ». C’est le fondement même des droits de l’homme. Au Sénégal et dans la sous-région, cette racine historique rappelle que le respect de l’autre n’est pas une idée « importée », mais une valeur ancestrale.

2. La gestion des conflits : la parenté à plaisanterie

L’un des apports les plus ingénieux de cette charte est l’institutionnalisation du Sanankouya (la parenté à plaisanterie).

Le principe : autoriser certaines ethnies ou certains noms de famille à s’insulter ou à se taquiner sans que cela ne mène à la violence.

L’impact : c’est un outil de cohésion sociale unique qui permet de désamorcer les tensions identitaires. C’est la preuve que la tradition sénégalaise possède ses propres mécanismes de tolérance.

3. Les limites face à la modernité

Le défi aujourd’hui est que la Charte a été conçue pour une société communautaire, où le groupe prime sur l’individu. Les droits de l’homme modernes, eux, mettent l’accent sur l’individu.

Tradition vs modernité

C’est précisément là que le débat sur les mœurs au Sénégal devient complexe : il s’agit de décider si le droit doit protéger l’harmonie du groupe (vision traditionnelle) ou l’autonomie de l’individu (vision moderne).

Mamadou Kassé

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