Le bombardement d’une école survenu samedi à Minab, dans le sud de l’Iran, au premier jour des frappes américano-israéliennes dans le pays, pourrait être lié à une opération militaire américaine visant une base navale des Gardiens de la révolution située à proximité, selon une enquête du The New York Times.
Ni les États-Unis ni Israël n’ont confirmé cette frappe. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a toutefois indiqué mercredi que le Pentagon menait actuellement une enquête interne, affirmant que les forces américaines « ne prennent jamais pour cible des civils ».
De son côté, Agence France-Presse précise ne pas avoir été en mesure d’accéder au site pour vérifier de manière indépendante les circonstances de l’attaque ni le bilan des victimes.
Une frappe concomitante avec une attaque contre une base militaire
S’appuyant sur des images satellites, des vidéos authentifiées et des publications diffusées sur les réseaux sociaux, l’enquête du New York Times indique que l’école a été gravement endommagée par une frappe survenue au même moment que des attaques visant une base navale adjacente du Corps des Gardiens de la révolution islamique.
Selon le quotidien américain, les déclarations officielles indiquant que les forces américaines ciblaient des installations navales près du détroit d’Ormuz — non loin de la base iranienne — « suggèrent qu’elles étaient les plus susceptibles d’avoir mené la frappe ».
Des responsables américains évoquent une responsabilité « probable »
Parallèlement, l’agence Reuters rapporte, en citant deux responsables américains s’exprimant sous couvert d’anonymat, que les enquêteurs militaires estiment « probable » que les forces américaines soient responsables de la frappe ayant touché l’établissement scolaire, tout en soulignant que les investigations se poursuivent.
Le bilan humain reste difficile à établir de manière indépendante. Les autorités et les médias d’État iraniens affirment que l’attaque aurait fait plus de 150 morts, dont de nombreux enfants, dans l’école primaire Shajarah Tayyebeh.
La piste d’un missile iranien écartée
L’enquête du New York Times indique par ailleurs avoir écarté l’hypothèse d’un missile iranien qui aurait frappé accidentellement l’école.
Si l’origine américaine de la bombe venait à être confirmée, la question se poserait de savoir si la frappe résulte d’une erreur de ciblage ou d’informations de renseignement obsolètes ayant conduit à viser une zone civile proche d’une installation militaire.
Des victimes civiles confirmées
Une autre enquête publiée par le quotidien français Le Monde confirme la présence de victimes civiles. Le journal indique s’être appuyé sur des dizaines de photos et de vidéos pour établir que des enfants figuraient parmi les personnes tuées lors du bombardement.
Les circonstances exactes de l’attaque demeurent toutefois incertaines, dans l’attente des résultats des enquêtes en cours.
El Faye.

