Selon une enquête du The New York Times, les États-Unis se seraient engagés dans une confrontation militaire avec l’Iran à la suite d’intenses discussions stratégiques entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu, dans un contexte de fortes tensions régionales.
Le 11 février, dans la Situation Room de la Maison-Blanche, une réunion confidentielle s’est tenue entre les deux dirigeants. Donald Trump faisait face à Benjamin Netanyahu, appuyé à distance par le chef du Mossad, David Barnea, et plusieurs responsables militaires israéliens. Autour de la table, un cercle restreint de hauts responsables américains, dont Marco Rubio, Pete Hegseth, John Ratcliffe, ainsi que Jared Kushner et Steve Witkoff. L’absence du vice-président J.D. Vance, en déplacement à l’étranger, illustre le caractère restreint et sensible de cette rencontre.
Au cours de cette réunion, Benjamin Netanyahu a défendu un plan en quatre points visant l’Iran : élimination du guide suprême Ali Khamenei, affaiblissement de la puissance militaire régionale, déclenchement d’un soulèvement populaire et changement de régime. Dès le lendemain, les services de renseignement américains ont examiné ce plan et exprimé leurs réserves. Si les objectifs militaires semblaient réalisables, l’idée d’un changement de régime a été jugée peu crédible. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, l’aurait qualifiée de « farce », tandis que Marco Rubio évoquait une stratégie irréaliste.
Les chefs militaires américains ont également fait part de leur scepticisme, soulignant les risques d’escalade et les limites des plans proposés. Au sein de l’administration, les divisions étaient marquées. J.D. Vance s’est imposé comme l’un des principaux opposants, mettant en garde contre une mobilisation massive de ressources, un chaos régional et les risques liés au détroit d’Ormuz. À l’inverse, Pete Hegseth soutenait fermement une intervention militaire, tandis que Jared Kushner et Steve Witkoff estimaient que les négociations diplomatiques avec Téhéran étaient dans l’impasse.
Fin février, de nouveaux renseignements indiquant une possible réunion des plus hauts dirigeants iraniens à Téhéran ont accéléré le calendrier. Selon les évaluations, une frappe ciblée contre des figures clés du régime devenait envisageable. Lors d’une dernière réunion le 26 février, malgré les avertissements sur les risques militaires et politiques, aucun responsable n’a clairement tenté de bloquer la décision. Le cadre juridique de l’opération ayant été validé en interne, les dernières hésitations ont été levées.
Après avoir écouté ses conseillers, Donald Trump a finalement tranché en faveur de l’intervention. Le lendemain, à bord d’Air Force One, il a donné son feu vert à l’opération baptisée « Epic Fury ». Selon le The New York Times, cette décision illustre une dynamique marquée par des désaccords internes, une forte influence alliée et l’absence d’opposition ferme au sommet de l’État. Cette séquence fait craindre une escalade durable au Moyen-Orient, avec des conséquences potentiellement majeures sur les équilibres régionaux et la stabilité internationale.
El Hadji Ibrahima FAYE

