ÉDITO :LE SÉNÉGAL AU TAS, OU LE CRÉPUSCULE DES DIEUX DE LA CAF

ÉDITO :LE SÉNÉGAL AU TAS, OU LE CRÉPUSCULE DES DIEUX DE LA CAF

Le verdict est tombé, tel un couperet de guillotine dans une parodie de justice révolutionnaire. En retirant au Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 sur tapis vert, le Jury d’appel de la CAF n’a pas seulement sanctionné une équipe ; il a assassiné l’esprit du jeu. Ce qui s’est joué dans les officines de l’instance continentale ce 17 mars 2026 n’est rien d’autre qu’une mise à mort de l’équité sportive au profit d’une diplomatie de couloir que nous dénoncions déjà dans ces colonnes.

L’arbitraire érigé en norme

Comment un titre conquis sur la pelouse, dans l’effort et la discipline tactique, peut-il s’évaporer par la simple volonté d’un jury dont l’impartialité pose question ? La suspension de Pape Thiaw, assortie d’une amende de 100 000 dollars, et ce forfait infligé a posteriori constituent une première mondiale dans l’histoire des phases finales. Jamais la disproportion n’avait atteint de tels sommets.Le message envoyé au monde est terrible : en Afrique, le score du tableau d’affichage est provisoire tant que les « puissants » n’ont pas validé le résultat qui arrange leurs ambitions. Le Maroc, co-hôte du Mondial 2030, devrait pourtant savoir qu’une couronne ainsi récupérée pèse bien lourd sur une conscience nationale.

Lausanne, le miroir de la vérité

Le recours introduit par la Fédération sénégalaise de football (FSF) devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne n’est plus une option, c’est un impératif de survie.

La proportionnalité : Le droit international du sport fustige les sanctions excessives. Transformer une protestation de banc de touche en une perte de titre est une hérésie juridique que les juges suisses ne manqueront pas de relever.

L’égalité des armes : Où sont les sanctions contre l’arbitrage défaillant ? Où est l’enquête sur les provocations ayant mené à l’incident ? Le TAS exige des preuves, pas des ressentis politiques.

Un combat pour l’Afrique

Ce combat dépasse les frontières du Sénégal. Si nous acceptons aujourd’hui que le destin d’une compétition se décide dans le velours des salons plutôt que dans la poussière des stades, alors le football africain aura définitivement perdu son âme.Le Sénégal ne va pas à Lausanne pour quémander une grâce. Il y va pour exiger que la CAF redevienne une institution de droit et non un instrument d’influence. L’histoire retiendra que, face à la « mascarade », les Lions et leur peuple ont choisi la dignité du droit contre la facilité du silence.L’avenir nous le dira, mais le droit, lui, ne saurait mentir indéfiniment.

Mamadou Kassé

Journaliste et Président de la Plateforme Louis Camara pour le développement du football

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