Contentieux CAN 2025 : la FSF hausse le ton et dénonce de « graves irrégularités » devant le TAS

Contentieux CAN 2025 : la FSF hausse le ton et dénonce de « graves irrégularités » devant le TAS

Le différend opposant le Sénégal à la Confédération africaine de football (CAF) et au Maroc franchit un nouveau cap. Réunis à Paris, les avocats de la Fédération sénégalaise de football (FSF) ont dévoilé une ligne de défense offensive, pointant de graves irrégularités dans la procédure ayant conduit à la décision contestée.

Une charge frontale contre la CAF

Face à la presse, le président de la FSF, Abdoulaye Fall, a posé un diagnostic sans nuance. Il évoque un « braquage administratif », dénonçant une décision qui, selon lui, dénature les principes fondamentaux de justice sportive. Au-delà du titre en jeu, Dakar inscrit désormais le débat sur le terrain de la souveraineté et de l’intégrité des compétitions africaines.

Au cœur de la contestation, les conditions de l’audience en appel. Me Seydou Diagne décrit une visioconférence expéditive, sans véritable contradictoire ni clôture formelle des débats. Une séquence jugée « irrationnelle » et juridiquement fragile, qui, selon la défense, entache la validité même de la décision rendue.

L’argumentaire s’appuie également sur une critique de fond : la violation supposée des règles du jeu et des textes encadrant les compétitions internationales. Pour les avocats sénégalais, laisser prospérer une telle jurisprudence ouvrirait la voie à des décisions administratives au détriment du terrain.

Une décision partiellement favorable au Maroc

Dans le détail, la défense sénégalaise souligne que le Maroc n’a pas obtenu gain de cause sur l’ensemble de ses requêtes. Si la victoire sur tapis vert a été entérinée, deux demandes majeures — le retrait du titre au Sénégal et la restitution des récompenses — ont été rejetées par le Jury d’appel.

Un élément stratégique pour la FSF, qui insiste sur l’absence, à ce stade, d’injonction officielle concernant les médailles ou le trophée. Autre point de crispation : la non-transmission, neuf jours après, de la décision motivée par les instances de la CAF.

Vers un volet pénal international

L’affaire dépasse désormais le strict cadre sportif. La FSF envisage une offensive judiciaire sur le terrain pénal. Une plainte pour corruption visant plusieurs individus devrait être déposée, avec en ligne de mire l’ouverture d’une enquête internationale. Une démarche qui marque une escalade significative dans ce contentieux.

Le TAS en arbitre décisif

Le dossier est désormais entre les mains du Tribunal arbitral du sport. Comme l’a indiqué Me Serge Vittoz, la durée classique d’une procédure oscille entre neuf et douze mois. Toutefois, une procédure accélérée pourrait être sollicitée, avec un verdict potentiel sous deux mois à condition d’un accord entre toutes les parties.

Dans un climat de fortes tensions, cette bataille juridique s’annonce déterminante pour l’issue de la CAN 2025, avec des enjeux qui dépassent largement le cadre sportif.

administrator

Related Articles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *