CAN 2025: La symphonie inachevée de Fouzi Lekjaa !!!

CAN 2025: La symphonie inachevée de Fouzi Lekjaa !!!

Si Fouzi Lekjaa nous dit que les Marocains ont tout filmé lors de la finale de la CAN et que rien ne leur a échappé, alors on pourrait en déduire aussi qu’ils ont filmé les ramasseurs de serviettes, les agressions sur le gardien remplaçant du Sénégal, les jubilations marocaines lorsque le penalty a été accordé au Maroc, la Panenka ratée de Brahim Diaz, ainsi que l’acharnement de la sécurité marocaine sur les supporters sénégalais.

Les Marocains ne peuvent pas réduire cette finale à un seul fait de match. Des joueurs sénégalais ont quitté la pelouse avant d’y revenir, et l’arbitre a laissé le jeu se poursuivre. Brahim Diaz a tiré et a raté. Qu’est-ce qui fait courir alors Fouzi Lekjaa ? Est-ce son portefeuille de ministre du Budget ? Est-ce sa posture de proche du Roi ? Est-ce ses promesses de faire gagner le Maroc à tout prix ?

Il est vrai que, dans une finale aussi électrique, réduire l’issue de la rencontre à un seul incident occulte souvent la complexité de ce qui s’est réellement passé, sur le terrain comme en dehors.

Fouzi Lekjaa nous délivre une vision à 360°… sélective.

L’affirmation selon laquelle « tout a été filmé » est une arme à double tranchant. Si le Maroc dispose d’une couverture exhaustive, cela signifie effectivement que chaque interaction est documentée, notamment :

  • Les incidents impliquant le banc sénégalais ou la sécurité ;
  • La réalité du jeu : la Panenka ratée de Brahim Diaz est un fait de match indiscutable qui a pesé sur le résultat final, indépendamment de l’arbitrage ;
  • Le retour des joueurs : le fait que les Sénégalais soient revenus sur la pelouse pour terminer la rencontre montre une volonté de conclure le débat sportivement, malgré le chaos environnant.

Qu’est-ce qui fait courir Fouzi Lekjaa ?

La détermination du président de la FRMF (Fédération royale marocaine de football) ne peut être comprise sans prendre en compte ses multiples casquettes :

  • Ministre du Budget : il gère les cordons de la bourse. L’investissement massif dans le football doit produire un « retour sur investissement » politique et symbolique ;
  • Proximité avec le Palais : le football est un outil majeur de soft power pour le Maroc. Un échec, surtout lors d’une finale majeure, peut être perçu comme une contre-performance diplomatique ;
  • Pression de la réussite : après les succès historiques, notamment au Mondial 2022, Lekjaa s’est placé dans une position où seule la victoire finale semble acceptable. Cela peut conduire à une communication plus offensive pour protéger l’image de la sélection.

L’acharnement sur un seul fait de match (le penalty ou une décision arbitrale précise) permet souvent de détourner l’attention des lacunes sportives ou organisationnelles. Pourtant, le football est une narration globale. Si Brahim Diaz manque son tir, c’est un échec technique que la vidéo ne peut pas effacer.

Par ailleurs, le traitement des supporters et l’ambiance autour du stade sont des éléments que la CAF (Confédération africaine de football) devrait, en théorie, analyser avec objectivité si « tout a été filmé ».

La posture de Fouzi Lekjaa semble être celle d’un dirigeant qui joue son va-tout pour maintenir le récit d’une domination marocaine. Mais en insistant sur l’omniprésence des caméras, il s’expose aussi à ce que toute la vérité — y compris les débordements de la sécurité ou les insuffisances sportives — finisse par être mise en lumière.

Le Sénégal, de son côté, s’appuie sur la réalité du terrain. Ses joueurs sont restés dans le match, ont fait face à l’adversité et ont vu les faits de jeu se dérouler jusqu’au bout.

Alors, la diplomatie sportive peut-elle vraiment réécrire le scénario d’un match déjà joué ?

La réalité est que M. Lekjaa est toujours dans le déni.

MAMADOU KASSE

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