Trois jours après le verdict controversé du jury d’appel de la Confédération africaine de football, qui a attribué sur tapis vert le titre de la CAN 2025 au Maroc, la vague d’indignation ne faiblit pas. Parmi les voix les plus marquantes, celle de Habib Beye s’est élevée avec force lors d’une conférence de presse tenue vendredi.
D’abord sur le ton de la dérision, le technicien a ironisé sur une décision qu’il juge déconnectée de la réalité du terrain. Il a ainsi évoqué, non sans sarcasme, la difficulté de récupérer un trophée et des médailles déjà remis aux joueurs sénégalais, légitimement sacrés à l’issue de la finale.
Mais très vite, le ton s’est durci. Habib Beye a dénoncé une décision « inadaptée », pointant surtout son caractère tardif. Selon lui, revenir sur un résultat validé depuis deux mois relève d’une démarche difficilement compréhensible et nuit gravement à l’image de l’instance dirigeante du football africain.
Sur le fond, l’ancien défenseur des Lions reste catégorique : le Sénégal a conquis son titre sur des bases strictement sportives. Il rappelle que la victoire est intervenue au terme d’une finale disputée et intense, où les joueurs sénégalais ont su faire la différence, malgré un scénario qu’il qualifie de pour le moins « rocambolesque ».
Alors que les autorités sénégalaises envisagent de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport, Habib Beye appelle à une résolution juste et équitable. Il reconnaît néanmoins la complexité d’un dossier qui dépasse désormais le cadre sportif et fragilise l’ensemble des acteurs impliqués, à commencer par la Confédération africaine de football elle-même.
Enfin, il regrette l’absence de réaction immédiate au moment des faits, estimant qu’une décision prise « à chaud » aurait permis d’éviter l’imbroglio actuel. Pour lui, cette lenteur décisionnelle alimente aujourd’hui incompréhension et frustration.
Visiblement affecté par cette affaire, Habib Beye conclut en lançant un appel solennel : préserver l’intégrité et la crédibilité des institutions sportives africaines, aujourd’hui mises à rude épreuve.
EL FAYE

