En déplacement à Kaolack, épicentre historique du bassin arachidier, le Premier ministre Ousmane Sonko a posé un acte fort en direction des producteurs. Face aux difficultés persistantes de la campagne de commercialisation, il a ordonné une hausse spectaculaire de la capacité d’achat de la SONACOS, désormais portée à 450 000 tonnes de graines d’arachide, contre 250 000 tonnes initialement programmées.
« La SONACOS doit acheter 450 000 tonnes », a tranché le chef du gouvernement, mettant en avant la nécessité d’un engagement accru de l’État pour absorber une production nationale abondante et soulager des milliers de paysans confrontés à l’engorgement du marché. Une décision aux implications financières lourdes, quand on sait que l’acquisition de 250 000 tonnes nécessite déjà un financement évalué à 106 milliards de francs CFA.
L’annonce a été faite à l’issue d’une visite de l’usine SONACOS de Lyndiane, où Ousmane Sonko est allé constater de visu l’état d’avancement de la campagne arachidière. Le Premier ministre s’est ensuite rendu à Ndiaffate Sérère pour un échange direct avec les acteurs du monde rural de la région de Kaolack, à l’écoute de leurs doléances et inquiétudes.
Confronté à une situation qu’il qualifie lui-même d’héritage de dysfonctionnements structurels, le chef du gouvernement a annoncé la mobilisation imminente de ressources comprises entre 50 et 75 milliards de francs CFA afin de renforcer, à court terme, la capacité d’intervention de la SONACOS. Sans détour, il a reconnu les limites de l’action publique dans l’immédiat, tout en promettant une réponse rapide et concrète.
« On ne peut pas réparer en un jour ce qui a été fragilisé pendant des années », a-t-il concédé, avant d’assurer que des mesures urgentes sont en cours pour accélérer l’achat des graines et éviter des pertes massives pour les producteurs.
Déterminé à redonner souffle à une filière stratégique de l’économie nationale, Ousmane Sonko a promis que, dans les tout prochains jours, des décisions visibles seront mises en œuvre pour garantir un écoulement rapide et efficace de la production arachidière, réaffirmant ainsi la volonté de l’État de replacer l’agriculture au cœur de ses priorités.

