Le verdict est tombé dans ce qu’il convient d’appeler le contentieux d’après-finale entre la CAF, le Maroc et le Sénégal. Nous devons donc analyser les choses avec toute la lucidité requise. Il va de soi que la sanction est lourde pour le Sénégal. Elle l’est aussi pour le Maroc. Nous sommes en face d’une situation où les deux antagonistes sont jugés par la CAF en tant qu’instance fédérale.L’option prise de respecter le verdict nous oblige à l’accepter.
La FSF, en compagnie de son juriste-conseil, en la personne de Me Seydou Diagne, l’a fait avec, sans doute, toute l’expertise requise.Il faut toutefois continuer à observer ce qui se pratique en matière de procédures de sanctions de la CAF, en particulier en Coupe d’Afrique des Nations.Nous savons que l’Afrique est souvent victime d’une confusion des genres entre l’organisation et la participation. Un pays ne peut accepter d’abriter une compétition sans se croire dans l’obligation de la gagner. Et nos États, nos publics et l’ensemble des sportifs doivent être éduqués à cela. Ce qui vient de se passer au Maroc est une leçon pour les pays appelés à organiser.Le verdict doit donc être perçu comme une invite à respecter les principes de fair-play et les règles du jeu.Le Sénégal, qui a opposé une résistance farouche à l’injustice, l’a fait à son corps défendant, pour s’opposer à l’arbitraire.
Cette réaction est compréhensible, même si, sur le plan des textes, elle est condamnable.Ce faisant, la FSF, Pape Thiaw, Ismaïla Sarr et Iliman Ndiaye ont posé leurs marques sur le granit du football africain, et peut-être même mondial. Il s’agit d’actes forts pour que de telles choses ne se reproduisent plus jamais.Cela dit, nous laissons le dossier entre les mains de la Fédération et de ses conseillers juridiques pour la conduite à tenir.Maintenant, focalisons-nous sur le Mondial 2026, en juin, aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Sans jamais baisser la garde, il nous faut comprendre les enjeux du moment et veiller à la maîtrise de notre agenda vers le Mondial.Les Lions ont un programme à gérer qui ne doit souffrir d’aucune interférence. Ils sont déjà très sollicités par les grandes nations du monde.N’oublions pas que la CAN a été suivie en direct par des milliards de personnes, et que le public a encore envie de voir cette belle équipe du Sénégal.
MAMADOU KASSÉ

