Après le sacre historique à la CAN, le passage de témoin à la Basketball Africa League (BAL) n’est pas qu’une question de sport ; c’est une stratégie de souveraineté économique et d’image de marque. Sous l’impulsion d’Amadou Gallo Fall, la BAL est devenue le pont le plus solide entre le savoir-faire de la NBA et le potentiel brut du continent.
La « Destination Sénégal » est cruciale en ce moment.
La BAL constitue, sous ce prisme :
1. Un levier économique mesurable
La BAL n’est plus un simple tournoi, c’est une industrie. Selon les chiffres récents de 2025, la compétition a généré près de 14 milliards de francs CFA de retombées et a contribué à la création de plus de 37 000 emplois (directs et indirects) dans les pays d’accueil comme le Sénégal et le Rwanda. C’est une machine à faire tourner l’hôtellerie, le transport et l’artisanat local.
2. Dakar, le hub de la « Conférence Sahara »
En abritant régulièrement la Conférence Sahara à la Dakar Arena, le Sénégal s’impose comme une étape incontournable. Cette visibilité attire des investisseurs et des marques mondiales (Nike, Jordan, mais aussi des champions locaux comme Wave ou Air Sénégal), prouvant que le pays est capable d’accueillir des événements aux standards internationaux les plus stricts.
3. Briser les clichés : l’Afrique comme destination « lifestyle »
La BAL a changé le regard des Américains et du monde. Voir des stars de la NBA, des artistes internationaux et des influenceurs circuler à Dakar sans appréhension transforme radicalement la perception du risque. Le Sénégal ne se vend plus seulement pour ses plages, mais comme un carrefour de la culture urbaine, de la mode et de l’excellence sportive.
4. Le tremplin vers les JOJ 2026
La BAL est la répétition générale idéale pour les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar 2026. Elle permet de :
– Rôder les infrastructures (Dakar Arena, réseaux de transport).
– Former les ressources humaines (arbitres, statisticiens, logisticiens).
– Installer le Sénégal dans l’agenda mondial des grands événements sportifs avant le grand saut de 2026.
Le défi à relever :
La logique de « renforcer l’empreinte quel qu’en soit le prix » est pertinente, car la concurrence est forte. Des pays comme l’Afrique du Sud ou le Maroc investissent massivement pour devenir des centres névralgiques de la ligue. Le Sénégal doit donc continuer à moderniser son offre et à faciliter l’accès aux investisseurs pour que cette « plus-value » ne soit pas seulement passagère, mais structurelle.
La BAL au pays des champions
En définitive, le Paris-Dakar, ou le Dakar tout court, nous a échappé. Il est allé ailleurs en portant notre label. La BAL ne doit pas emprunter la même destination. Nous sommes devenus un pays attractif avec la CAN, rendons-le encore plus attractif avec la BAL. C’est le meilleur service à rendre aux jeunes Sénégalais et aux Africains qui nous regardent.
Mamadou Kassé
Journaliste
madoukasse@yahoo.fr

