AFFAIRE DES MAILLOTS À UNE ÉTOILE :UNE ÉTOILE EN MOINS, UNE CONVICTION EN MOINS DANS LE COMBAT DEVANT LE TAS ?

AFFAIRE DES MAILLOTS À UNE ÉTOILE :UNE ÉTOILE EN MOINS, UNE CONVICTION EN MOINS DANS LE COMBAT DEVANT LE TAS ?

Le geste très fort de Idrissa Gana Gueye et Iliman Ndiaye mimant clairement les deux étoiles, lors de la rencontre : Everton FC – Chelsea FC, vient rappeler une évidence : une cause se défend aussi par des symboles.
Cependant, la posture des deux joueurs est à l’opposé de la volonté de la Fédération Sénégalaise de Football de mettre sur le marché des maillots à une seule étoile.
Une décision qui interroge, fragilise et envoie un signal pour le moins préoccupant.

En réalité, le geste de nos champions d’Afrique en titre n’avait rien d’anodin. Il était, au contraire, profondément significatif.
En affichant, de manière assumée, leur attachement à la deuxième étoile illustré par un but de Iliman Ndiaye et une passe décisive de Idrissa Gana Gueye, les deux champions n’ont pas seulement exprimé une fierté individuelle : ils ont porté un message national à l’opinion internationale.
Un message clair.
Un message fort.
Un message cohérent.
Mais pendant que les joueurs affirment, sur la scène internationale, la légitimité d’une victoire acquise sur le terrain, une autre voix — institutionnelle celle-là — semble vouloir en atténuer la portée. La décision envisagée par la Fédération Sénégalaise de Football de faire évoluer la sélection avec un maillot à une seule étoile, sous des justifications difficilement soutenables, crée une dissonance préoccupante.
Cette contradiction pose un problème de fond.
Comment défendre, avec force et crédibilité, un résultat contesté devant les instances internationales, tout en effaçant soi-même les marqueurs les plus visibles de cette victoire ?
Comment soutenir un combat juridique et symbolique tout en envoyant, dans le même temps, un signal de recul ?
Car il ne faut pas s’y tromper : le maillot n’est pas un simple équipement. Il est un support de mémoire, un vecteur d’identité, un instrument de transmission de la mémoire collective. Chaque étoile y incarne une conquête, une page d’histoire, une fierté nationale.
Y renoncer, même provisoirement, n’est jamais neutre.
C’est introduire le doute là où il faudrait afficher de la certitude.
C’est fragiliser un argumentaire au moment même où il doit être consolidé.
C’est, en définitive, affaiblir une position que l’on prétend défendre.
À l’inverse, l’attitude des joueurs rappelle une exigence fondamentale : une victoire ne se négocie pas à moitié. Elle se défend pleinement, sur tous les fronts: sportif, juridique et symbolique.
Le contraste est saisissant. D’un côté, une expression spontanée, sincère et assumée de la fierté nationale incarnée par les hérosdelaguerredeRabat. De l’autre, une posture institutionnelle hésitante, qui donne le sentiment d’un repli anticipé ou d’un manque d’engagement total dans la bataille de Zurich.
Or, dans ce type de bataille, les symboles comptent autant que les arguments.
Une étoile n’est pas un simple détail esthétique. Elle est l’expression d’un palmarès, la matérialisation d’un sacre, la preuve visible d’une victoire.
Et toute hésitation dans son port est, qu’on le veuille ou non, une hésitation dans le message.
Le Sénégal est engagé dans un combat pour la reconnaissance de sa victoire devant le Tribunal Arbitral du Sport. À ce titre, il ne peut se permettre une telle ambiguïté. Car à ce niveau, chaque geste compte. Chaque décision pèse. Chaque symbole parle.
Et aujourd’hui, ce sont les joueurs qui parlent le langage le plus juste. À la FSF de kes rejoindre dans ce langage clair et net.
En rappelant, simplement mais fermement, qu’une victoire se respecte et qu’aucun signe de faiblesse ne doit venir en effacer la portée.

Souleymane Boun Daouda DIOP

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