Abdoulaye Fall : « Nous ne pouvons plus dépendre des subventions »

Abdoulaye Fall : « Nous ne pouvons plus dépendre des subventions »

La Fédération sénégalaise de football est à un moment charnière de son histoire. Réunie à Tanger dans le cadre du séminaire stratégique Smart FSF 2028, la FSF a surtout donné la parole à son président, Abdoulaye Fall, qui a dressé un diagnostic sans fard de la situation financière de l’institution et assumé une volonté claire : changer radicalement le modèle économique du football sénégalais.

« Nous avons hérité d’une Fédération lourdement endettée »

Dès l’entame des échanges, Abdoulaye Fall a tenu à poser le contexte. À son arrivée à la tête de la Fédération, la situation était loin d’être saine.

« Lors de la passation de service, on nous a présenté une Fédération avec une dette de plus de 900 millions de FCFA », a-t-il révélé, précisant que cette dette concernait des fournisseurs et divers créanciers.

Au-delà de l’endettement, la réalité de la trésorerie a également surpris la nouvelle équipe dirigeante. En dehors d’un compte FIFA crédité de plus d’un milliard de FCFA, les autres comptes de la FSF affichaient moins de 60 millions. « Même pour faire fonctionner la Fédération, c’était compliqué », a reconnu le président.

Rompre avec la dépendance aux aides

Pour Abdoulaye Fall, cette situation impose un changement de paradigme. « Nous ne pouvons plus dépendre uniquement des subventions de la CAF, de la FIFA ou de l’État », a-t-il martelé. Une dépendance d’autant plus problématique que la prise en charge totale des équipes nationales par l’État n’est plus une réalité aujourd’hui.

Le président de la FSF assume donc une orientation stratégique forte : faire du football sénégalais un secteur capable de s’autofinancer. « À un moment donné, il fallait trouver des stratégies pour générer des ressources », a-t-il expliqué, en rappelant que plusieurs matchs organisés avant son arrivée s’étaient révélés déficitaires.

Les stades comme moteurs de revenus

Au cœur de cette nouvelle vision, les infrastructures sportives occupent une place centrale. Le stade Demba Diop, dont la FSF doit assurer 60 % du financement, cristallise les enjeux. Si le financement externe est annoncé comme disponible, la contrepartie financière reste un obstacle majeur.

Pour Abdoulaye Fall, les stades doivent changer de vocation. « Un stade ne peut plus être seulement un lieu où l’on joue au football », sous-entend-il. La Fédération entend ainsi transformer le stade Maniang Soumaré en un véritable hub économique, capable de générer des revenus réguliers au-delà des jours de match.

Le virage digital, une nécessité

Autre chantier jugé prioritaire par le président de la FSF : le digital. Avec la plateforme Go Gaïndé, développée en partenariat avec Axel Technologie, la Fédération veut structurer son écosystème numérique. Fan ID, données supporters, billetterie et services digitaux doivent permettre d’atteindre un objectif clair : 100 000 téléchargements.

« Nos plateformes n’ont pas encore produit les revenus espérés », a reconnu Abdoulaye Fall, convaincu que la valorisation des données et l’engagement des fans constituent un levier économique majeur pour l’avenir.

Transparence et traçabilité comme ligne directrice

Dans son discours, Abdoulaye Fall a également insisté sur la gouvernance. La réforme engagée à travers Smart FSF 2028 se veut alignée sur les principes de performance et de redevabilité. « Chaque franc investi doit être traçable et justifié », a-t-il affirmé, plaidant pour une gestion rigoureuse et moderne de la Fédération.

« Smart FSF 2028, ce n’est pas un slogan », a résumé Abdoulaye Fall. C’est, selon lui, la condition pour que la Fédération sénégalaise de football puisse continuer à performer sportivement tout en reposant sur des bases financières solides et durables.

avec D sport

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