La situation est inédite et particulièrement confuse pour les supporters :
Sur le terrain : Le 18 janvier 2026, le Sénégal a remporté la finale (1-0) après prolongations.
En coulisses : Le 17 mars 2026, le Jury d’appel de la CAF a rendu une décision « absurde et grotesque » selon la partie sénégalaise, déclarant le Sénégal perdant par forfait (3-0).
Cette sanction administrative découle d’une interprétation controversée d’un arrêt de jeu (considéré comme un « refus de jouer » par la CAF, alors que le match est allé à son terme), et ce sous la direction de l’arbitre, maître du jeu, et sous la supervision des officiels de la CAN.
2. Les griefs éthiques et l’arbitrage
Les révélations de la presse internationale (notamment Le Monde) et des manquements déontologiques prouvent que les observateurs ont été déboussolés par les événements de la finale.
Les critiques se cristallisent sur plusieurs points :
L’arbitrage de Jean-Jacques Ndala : Jugé « épouvantable » par de nombreux observateurs, il est accusé d’avoir perdu le contrôle du match et d’avoir pris des décisions influencées par le contexte de pression environnant.
L’organisation : Des incidents ont été rapportés et vécus en direct concernant le comportement de certains officiels et ramasseurs de balles, créant une atmosphère jugée « malsaine » par plusieurs sélections durant le tournoi. Cas du Nigeria, du Cameroun, du Mali et d’événements extrasportifs.
La gouvernance : Le fait qu’une commission administrative puisse annuler un résultat acquis sur le terrain après la fin de la compétition pose une question d’éthique majeure sur la séparation entre le politique et le sportif.
3. Le recours au TAS : Une étape indispensable ?
L’appel du Sénégal au Tribunal arbitral du sport (TAS), enregistré le 25 mars 2026, n’est pas seulement une formalité, c’est devenu une nécessité pour plusieurs raisons :
Rétablir la vérité sportive : Le Sénégal demande l’annulation de la décision de la CAF pour être rétabli dans son titre de champion acquis sur la pelouse.
Jurisprudence : Le TAS devra trancher si une « interruption temporaire » de contestation peut être transformée en « forfait définitif » a posteriori, une décision qui fera date pour le football mondial.
Qui a provoqué cette interruption du jeu ? Le Maroc, qui a arrêté le jeu pour réclamer un penalty par Brahim Diaz ? Le Sénégal, qui est revenu dans le jeu après avoir contesté ce penalty imposé par le Maroc ?
Indépendance : Contrairement aux instances de la CAF, souvent critiquées pour leur proximité avec certaines fédérations influentes, le TAS est perçu comme le seul organe capable de juger le dossier sur des bases purement juridiques et réglementaires.
En résumé
Faut-il « attaquer » le Maroc ? Sur le plan strictement sportif, la performance des joueurs est une chose, mais la gestion institutionnelle et éthique de cette CAN par le pays hôte et la CAF est légitimement sous le feu des critiques.
Le verdict du TAS, attendu dans les prochains mois (ou plus tôt en cas de procédure accélérée), sera le seul juge de paix pour déterminer si le Maroc a « failli à ses obligations » ou si les règlements ont été appliqués de manière équitable. C’est une bataille pour la crédibilité même du football africain.
Mamadou Kassé

