Dans exactement 106 jours, le terrain rendra définitivement son verdict au stade des Giants, dans le New Jersey. Cette fois-ci, ni le Jury d’appel de la CAF, ni le TAS ne départageront les protagonistes. C’est devant des milliards de téléspectateurs que le meilleur l’emportera, dans cette enceinte mythique.
À qui de Kalidou Koulibaly ou d’Achraf Hakimi le Président Gianni Infantino et le Président Donald Trump remettront-ils les médailles et ce fameux trophée mondial, que l’on pourra véritablement qualifier de trophée universel, en attendant qu’il parade un jour quelque part en Asie ou dans le Pacifique ?
Le 10 janvier 2017, lors du Conseil tenu au siège de la FIFA à Zurich, après l’adoption de l’élargissement de la Coupe du monde de 32 à 48 équipes, une idée m’a soudainement traversé l’esprit : et si c’était enfin l’heure de l’Afrique ?
Des images de la Coupe du monde paradant dans les capitales africaines hantaient alors mes nuits.
À l’époque, j’avais le privilège de vivre ces moments en direct. L’une des idées phares du programme du futur candidat Gianni Infantino venait d’être adoptée presque sans difficulté, malgré quelques réticences, ici et là, notamment celles du regretté Issa Hayatou, paix à son âme.
L’idée du Président Infantino était simple : avec près d’un quart des 211 fédérations membres de la FIFA, l’Afrique méritait une représentation plus forte, afin que la fête soit encore plus belle, mais surtout pour permettre à de nombreuses « petites nations du football » de participer elles aussi, à cette grande célébration mondiale.
L’Afrique venait ainsi de s’ouvrir les portes d’une participation plus importante, afin de mieux marquer les esprits et de démontrer sa montée en puissance dans le concert des grandes nations du football.
En effet, à chaque Coupe du monde, de grandes nations africaines restaient sur le carreau avant même le début de la compétition.
Aujourd’hui, neuf des meilleures équipes africaines pourront se qualifier plus aisément et aller défendre crânement leurs chances face aux plus grandes nations du football mondial.
À l’époque, l’idée défendue était que l’Afrique disposerait potentiellement de neuf places qualificatives directes, avec la possibilité d’obtenir une dixième place à travers les barrages intercontinentaux.
Finalement, cette dixième place, tant espérée, a bien été obtenue par le continent africain. Bravo à la République démocratique du Congo.
Mais, parce qu’il y aura toujours un « mais » avec l’Afrique…
Participer à la plus prestigieuse des compétitions dans un contexte de crise majeure au sein de la Confédération africaine n’est pas idéal.
Malgré de multiples appels à l’apaisement, les différends finiront, malheureusement, devant le TAS. Soit.
C’est pourquoi je lance un appel solennel à mes enfants, joueurs des nations africaines qualifiées :
Sadio Mané, Achraf Hakimi, Cédric Bakambu, Victor Osimhen, Mohamed Salah, Pape Gueye, Idrissa Gana Gueye et tous les autres : soyez prêts pour cette grande fête et cette immense parade à travers tout le continent.
Vous le pouvez. Je sais que vous êtes des professionnels. Vous pouvez vous préparer psychologiquement, physiquement et mentalement. Ce ne sont, au maximum, que dix matchs.
Marquez l’histoire du football mondial. Vos noms resteront dans la postérité.
Prenez rendez-vous avec cette date du 19 juillet et vous rendrez un fier service au football africain.
Brisez le plafond de verre.
Les clichés, le racisme et bien d’autres barrières trouveront leur réponse sur le terrain.
Vive le football, vive l’Afrique.
Et rendez-vous le 19 juillet, sous la protection divine.
Amadou Samoura
Président du Dial Diop Sporting Club de Dakar et de l’Académie Ibrahima Diarra Pacha

